Notre sainte entreprise, etc.

Ce quatuor n'est pas accompagné par l'orchestre, et l'on a déjà remarqué combien il y a d'avantage à abandonner de temps en temps les voix à elles-mêmes. L'effet de ce quatuor est bon, et serait meilleur peut-être s'il était moins longuement développé. L'harmonie en est fort belle. Quel dommage que le chant n'y suit pas à la hauteur de l'harmonie!

L'air d'Odette, au quatrième acte, est divisé en deux parties. Il y a dans la première de charmants détails; la seconde fera, je crois, plus d'effet à mesure qu'on l'entendra davantage. C'est un allegro plein d'énergie et d'enthousiasme, et la syncope placée sur le second temps de chaque mesure lui imprime un caractère de décision assez remarquable. Rossini, dans l'air de Zelmire: sorte, secondami,--toute comparaison à part, je n'accuse pas M. Halévy de faire de la musique italienne,--a obtenu le même effet par le même moyen.

La chanson d'Odette:

Chaque soir Jeanne sur la plage.

est charmante. Le dialogue qui s'y établit, dès le début, entre le hautbois et la cantatrice, l'élégance des modulations de ce morceau, son caractère à la fois gracieux et mélancolique, tout concourt à en faire l'un des plus heureusement trouvés de la partition. Il est amené, d'ailleurs, par une phrase très-agréable sur ces paroles:

Avec la douce chansonnette

Qu'il aime tant,

Berce, berce, gentille Odette,

Ton vieil enfant.