L'onde humide,

Qui ride son clair tableau;

Du beau pied rougit l'albâtre;

La folâtre

Rit de la fraîcheur de l'eau.»

M. Protat nous parait avoir voulu rendre en détail les vers du poète, sans en perdre une syllabe, à peu près comme M. Niedermayer a essayé de mettre en musique certaines odes de Lamartine. Tandis que le traducteur compte ainsi les syllabes, l'idée lui échappe, et, avec toute son exactitude, il arrive enfin à un contre-sens. Par exemple, pourquoi s'appesantir sur les deux derniers vers:

«La folâtre

Rit de la fraîcheur de l'eau.»

Pourquoi changer ce rapide sourire en une gaieté prononcée, en un vif sentiment de joie? L'artiste n'a pensé qu'au rire de Sara; il a oublie la baigneuse,

«... La baigneuse blanche