«--Il est parti dès le commencement du jour, le hardi Biscayen; le soleil va se coucher, il n'est pas encore de retour: quel aura été son destin?--
«Et la jeune fille répondait: «Ô mon père! je ne crains rien, car elle annonçait une haute valeur, la figure de l'hôte inconnu.
«Isabelle parlait encore, quand la plaine fil entendre de bruyantes acclamations, et bientôt l'étranger parut menant après lui le cheval enfin dompté.
«Le peuple qui lui faisait cortège vantait hautement sa valeur, et bientôt, se séparant de la foule, le vainqueur s'approcha du roi, tenant toujours le cheval dompté.
«--Le voilà, dit-il, de mes mains il a reçu la selle et le frein; maintenant elle m'appartient la main d'Isabelle, maintenant je dois être ton gendre.
«Le roi se troubla en entendant ces paroles, et il allait... Une sorte de terreur le retint, et d'une voix douce et contenue il parla ainsi à l'étranger:
«--Ta demande est audacieuse, Biscayen; mais d'abord dis-moi ton rang, afin que je sache à qui je parle.
«--Tu ne me l'as pas demandé lorsque pour loi je me suis offert à la lutte; mon titre de noblesse, c'est l'action que j'ai faite, c'est à elle de répondre pour moi.
«Il doit le suffire de savoir que moi aussi j'adore Jésus. Le ciel sait le reste, le ciel qui m'a fait vaincre et a combattu avec moi.
«Et le roi lui répond: «Non, Biscayen, cela ne suffit pas, car il ne peut être l'époux de ma fille, celui qui n'est pas de sang royal.