«Demande de riches vêtements, demande des bijoux précieux, tu les obtiendras de moi, mais, je te le répète, si tu n'es pas de sang royal, ne me la demande pas, la main d'Isabelle.
«--Ce ne sont ni de riches vêlements ni des bijoux précieux qui me furent promis; tu l'as juré que tu me donnerais Isabelle.
«--Tu obtiendras de moi toute autre belle de mon royaume, et j'y joindrai une riche dot; mais, je te le dis encore, il n'aura pas la main d'Isabelle, celui-là qui n'est pas roi.
«--Que me parles-tu d'autre belle? que me fait la dot que tu m'offres? c'est pour Isabelle que j'ai voulu vaincre. Ô roi! remplis ta promesse.
«--Pars, fuis loin de mes yeux, arrogant aventurier, et si tu ne veux mourir, ne reparais jamais devant moi.
«L'étranger se tut, et jetant sur le roi un regard de colère, il partit, emmenant avec lui le cheval qu'il avait dompté.
«On n'entendit plus parler ni de lui, ni du sauvage coursier, mais sur le front d'Isabelle plana depuis lors un sombre nuage.
«A un an de là un roi puissant demanda la main de la jeune fille; celle-ci ne le refusa pas, elle ne l'accepta pas non plus, sa bouche resta muette.
«Cependant le roi son père a engagé sa parole, le jour des noces a été proclamé dans toute la contrée, et de chaque point de l'Espagne on accourt pour assister à la cérémonie sacrée.
«La foule se presse et augmente de moment en moment dans l'auguste cathédrale où se voit déjà l'archevêque, la mitre en tête et la crosse à la main.