«Sur deux haies, des deux côtés de la porte, sont rangés les varlets et les hallebardiers contenant le peuple et gardant la voie libre pour les chevaliers.

«Déjà s'approche le royal cortège, déjà s'entend le son des trompettes; la messe va commencer, chacun est à son poste.

«L'autel est paré en fête: les fleurs et les cierges brillent de toutes parts. Isabelle, vêtue de blanc, est là debout entre son père et son époux.

«Mais quelle sourde rumeur se répand dans la foule? On parle tout bas du Biscayen, et plusieurs disent: «Si par hasard il était là?»

«A peine a-t-on commencé le saint et redoutable sacrifice, qu'un bruit s'élève dans un coin reculé de l'église.

«L orgue retentit, comme touché par une main invisible; les lumières s'éteignent toutes à la fois, et on entend au loin gronder le tonnerre.

«Parmi les assistants renversés à terre, plusieurs virent une tombe s'ouvrir, et de l'abîme surgit un destrier que tous eurent bientôt reconnu.

«C'était bien celui auquel l'aventurier avait mis le frein et la selle, c'était bien celui qui pendant si longtemps avait épouvanté le roi et le royaume.

«A son aspect nul ne demeure; l'épouvante chasse du temple tous ceux qui s'y trouvent, et le roi et le nouvel époux prennent la fuite comme les autres.

«Pour Isabelle, pour la jeune fille qui s'était rendue à la cérémonie sans refuser, mais sans consentir, elle resta ferme au lieu où elle était, tandis que tous les autres prenaient la fuite.