Enfin, pour compléter son travail, M. A. Blaize a réuni dans un appendice tous les documents qu'il a pu recueillir sur les banques étrangères de prêts sur nantissement. Il passe successivement en revue l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande, la Belgique, la Hollande, l'Allemagne, l'Italie, le Piémont, l'Espagne, la Russie et la Chine. Trois curieux paragraphes, intitulés: Législation, Jurisprudence et Bibliographie des Monts-de-Piété, terminent cet appendice.
M. A. Blaize a rempli son but; il réussira certainement «à appeler sur cette matière, si importante à ses yeux et si ignorée, l'attention des hommes de bien, à provoquer des études sérieuses et les réformes que commandent, en faveur des classes déshéritées, la justice et la raison.» Son livre mérite à un double titre nos éloges. C'est une bonne action et de plus un ouvrage consciencieux, méthodique, clair, et écrit dans certaines parties avec cette noble chaleur qui vient plus encore du coeur que de l'esprit.
De la création de la Richesse, ou des intérêts matériels en France, statistique comparée et raisonnée, par J.-H Schnitzler; 2 vol. in-8º. Paris, 1842. Lebrun, 15 fr.
M. J-H. Schnitzler a entrepris, depuis plusieurs années, un important ouvrage, intitule Statistique générale de la France. Cet ouvrage, accompagné de nombreux tableaux et divisé en deux parties, doit former 4 vol. in-8°. La seconde partie seule a paru, sous le titre de: Création de la Richesse. M Schnitzler l'a publiée séparément, «malgré son imperfection trop réelle, afin de mieux débrouiller l'énorme amas de matériaux qu'il lui a fallu mettre en oeuvre, et, afin de puiser, dans les indulgents suffrages du public, l'encouragement dont il a besoin pour mener à bien une entreprise si difficile.»
Le premier volume de la Création de la Richesse est consacré à la production, c'est-à-dire à l'industrie dans son acception la plus générale (agriculture, exploitation des mines, industrie manufacturière, etc.) Le second volume traite de la circulation ou du commerce (des importations et des exportations de la France, de ses relations mercantiles avec tous les pays du monde, des transports par terre et par mer, de l'état de tous les ports du royaume, etc.).
Ces deux volumes embrassent ainsi les intérêts matériels dans leur vaste ensemble et les examinent sous toutes leurs faces.
Les intérêts moraux seront l'objet des deux premiers volumes qui paraîtront dans le courant de cette année. Après avoir traité avec détail du territoire, de la population et de la consommation, M. Schnitzler annonce qu'il exposera d'une manière complète et dans un ordre méthodique, tous les faits relatifs à l'État (constitution, gouvernement, administration, force publique, etc.), à l'Église et aux Écoles.
Voyage en Bulgarie pendant l'année 1841, par M. Blanqui, membre de l'institut; 1 vol. in-18. Paris, 1843. W. Coquebert, 3 fr. 50 c.
Vers le milieu de l'année 1841, à la suite de quelques exactions financières plus rudes que de coutume, une partie des populations chrétiennes de la Bulgarie se souleva contre les Turcs. Ce mouvement, mal combiné, fut bientôt comprime par la force militaire. Pendant plusieurs semaines, des bandes d'Albanais, déchaînées contre les insurgés mirent à feu et à sang la malheureuse Bulgarie. Le bruit de leurs dévastations retentit bientôt dans toute l'Europe chrétienne, dont les cabinets venaient de se concerter d'une manière si éclatante en faveur de l'Empire ottoman. La France s'en montra surtout vivement préoccupée, et M. Guizot, ministre des affaires étrangères, chargea alors M Blanqui d'aller constater le véritable état des choses, en traversant la Turquie d'Europe dans sa plus grande longueur, depuis Belgrade jusqu'à Constantinople.
M. Blanqui était parti de Paris publiciste de l'opposition, il est revenu de Constantinople candidat ministériel. A son retour, il a rédigé un travail officiel qui ne lui appartient plus; mais il publie aujourd'hui la relation personnelle de son voyage. On ne peut refuser à M. Blanqui un esprit vif et prompt et un style net et facile. Son Voyage en Bulgarie a en outre le mérite de nous faire connaître, superficiellement il est vrai, l'état physique, économique et moral d'une vaste contrée bien rarement visitée et plus rarement décrite par les voyageurs français ou étrangers.