Et l'espérance, sur sa route,

Sème des fleurs de pourpre et d'or.

Ou bien encore, à la seconde strophe:

Aux plaines, aux forêts profondes,

Un vaisseau verse ses trésors

Les cygnes voguent sur ses ondes,

La violette orne ses bords.

Ne serait-il pas temps, enfin, de renoncer à tout ce verbiage insignifiant, qui n'a plus même l'intérêt de la nouveauté? Et quand un jeune écrivain veut que le public reçoive avec indulgence tout ce que son âme a d'énergie et de douleur, de colère et d'amour, ne devrait-il pas, en vérité, se montrer plus sérieusement digne des suffrages qu'il ambitionne?

Le Hachych; 1 vol. in-18.--Paris, 1843. Paulin. 3 francs.

Le hachych est une plante de l'Orient qui a la même forme, le même aspect, la même odeur que le chanvre. A en croire les savants de l'expédition d'Égypte, c'est du chanvre dont les propriétés se sont affaiblies dans le Nord. Le hachych produit des effets extraordinaires sur toutes les personnes qui en prennent une infusion. Il exalte leurs idées dominantes, il leur montre d'une manière claire leurs plans les plus compliqués se débrouillant sans difficulté, leurs projets les plus chers se réalisant sans obstacle; il leur procure l'intuition précise de ce qu'ils cherchent; «enfin, dit l'auteur du petit livre qui a pris pour titre le nom de cette plante remarquable, il leur fait savourer par la pensée la possession anticipée et sans mélange de tout ce qui est suivant leurs goûts, leurs voeux, leurs passions habituelles, ou plutôt suivant leurs désirs et la direction de leurs pensées au moment où le hachych agit sur eux. C'est ce qui explique les effets différents qu'on en rencontre; car ils varient beaucoup suivant les individus et même suivant les dispositions du moment..»