A ces observations sur la puissance et la richesse de la Russie, succèdent des descriptions animées et vraies de Pétersbourg et de Moscou, de Berlin, de Dresde, de Prague, de Regensburg, de Nuremberg et de Munich. M. Pierre Albert a visité, en artiste éclairé, toutes ces villes dont il esquisse la physionomie, et dont il passe en revue les principales curiosités, Il termine ses Impressions par des réflexions pleines de sens sur la politique de l'Allemagne et de la Russie. «En résumant, dit-il, nous voyons que la Russie par une communauté de haines, l'Allemagne par un excès de grandeur, l'Espagne par un excès de faiblesse, ont toutes intérêt à s'allier ou à rester en paix avec la France. Or, la France est aujourd'hui alliée contre des communs amis avec son plus mortel ennemi. Il serait bien temps de remettre les choses à leur place; car je ne crois pas plus à l'amitié anglaise qu'à l'inimitié des puissances.
Modes.
Costume de promenade.--Ombrelle douairiere.
--L'article sur les modes arrive trop tard;
nous renvoyons à un prochain numéro.
Etrangères célèbres à Paris
MISTRESS FRY.
Nous nous proposons de donner quelquefois les biographies et les portraits des étrangers célèbres qui viennent visiter Paris. Parmi les personnes remarquables qui s'y trouvent en ce moment, nous ne saurions laisser en oubli l'illustre quakeresse, mistress Fry.
Mistress Fry.
Mistress Fry est née en 1780, d'une famille originaire de la Normandie. Étant enfant, son père la conduisit un jour, à sa prière, dans une prison. L'impression que lui laissa cette visite ne s'effaça jamais de son esprit, et elle résolut de se consacrer à l'amélioration morale des femmes détenues.--Encore jeune fille, elle fonda dans la maison de son père une école pour quatre-vingts enfants pauvres. En 1809, elle épousa M. Fry, quaker dont la fortune égalait la charité. Peu d'années après, elle visita pour la première fois la prison de Newgate, à Londres. Malgré les conseils du directeur, elle pénétra hardiment dans ce repaire du vice et de la débauche, et y trouva des centaines de femmes entassées dans des salles infectes, sans distinction de condamnées ou de prévenues. Leur grossièreté et leur cynisme ne l'effrayèrent pas: elle leur parla avec douceur, s'informa avec sollicitude de leurs besoins, et finit par se faire religieusement écouter. Avant de les quitter, elle leur proposa de lire ensemble un chapitre de l'Écriture-Sainte: elle choisit le quinzième chapitre de l'Évangile selon saint Luc, et produisit un effet surprenant sur ces malheureuses qui, dès lors, prirent confiance en elle et la regardèrent comme une amie. Cette visite se renouvela plusieurs fois; le bien qu'elle faisait grandissait chaque jour, et madame Fry organisa un comité de dames qui s'engageront à se rendre alternativement dans la prison.