M. Dumas ajoute que ce n'est plus 2 pour 100 de graisse qu'il faut compter dans le foin, mais bien 4 ou 5 pour 100, ainsi qu'il résulte de nouvelles expériences qui sont venues fortifier encore l'opinion émise par les chimistes français et par Tiedemann et Gemelin.
Dans la séance du 6 mars et flans celle du 13, MM. Payen et Boussingault ont démontré que les résultats obtenus par la commission citée par M. Magendre avaient une signification précisément contraire à celle qui était restée dans les souvenirs de l'honorable académicien.
M. Liebig, dans une note adressée à l'Académie, et lue à la séance du 3 avril, a repris la discussion avec une énergie nouvelle. Le chimiste allemand semble piqué au vif des arguments quelque peu ironiques du professeur français, et il cherche à lui rendre la pareille en termes qui seraient fort amers s'ils étaient justes.
M Dumas fait remarquer qu'au point où cette discussion est amenée, il faut s'en rapporter aux faits, et laisser de côté les raisonnements; c'est nue question d'agriculture pratique, et qui ne peut être résolue définitivement que par des expériences bien combinées.
L'honorable président de l'Académie réfute ensuite, avec beaucoup de dignité et de la manière la plus claire, les insinuations de M. Liebig, et, arrivant à la partir de sa lettre où ce chimiste assure avoir fait une expérience réelle sur la production du lait, il déclare qu'en présence de cette affirmation il croit devoir se borner à dire que, si l'expérience de M Liebig est réelle, elle est en pleine contradiction avec celle qui a servi de contrôle aux vues des chimistes de Paris.
Après quelques explications données par M. Boussingault, pour établir qu'on ne peut tirer de ses anciennes recherches aucune conclusion qui soit applicable à la question actuelle, M. Dumas, répondant à M. Ray-Lussac, qui est chargé de la défense de M. Liebig, rappelle que ce dernier a fait parvenir à Paris, sur la question dont il s'agit, un article en allemand, une lettre le 6 mars, enfin sa lettre de ce jour; et, citant une traduction textuelle de l'article en allemand, M. Dumas termine en démontrant que, d'après l'identité des nombres que renferme cet article avec ceux qui résultent des expériences de M. Boussingault et ceux des lettres de M. Liebig, on devait conclure qu'il n'y avait pas eu de nouvelle expérience jusqu'à ce que M. Liebig eût assuré le contraire.
Dans cette même séance M. Dumas présente, de là part de M. Lewy de Copenhague, une Note sur la cire des abeilles. Ce jeune médecin y prouve que la potasse concentrée et bouillante dissout la cire et la transforme en acides gras, contrairement à l'opinion reçue et soutenue notamment par M. Liebig, qui, reconnaissant que les matières grasses des végétaux se rapprochent de la cire, se refuse à admettre qu'une matière grasse non saponifiable comme la cire puisse, sous l'influence de l'organisme, se transformer en acides stéarique et margarique. M Lewy conclut de ses expériences qu'il n'y a entre les principes de la cire et ceux des corps gras ordinaires d'autre différence que celle qui résulte d'une oxydation plus ou moins avancée.
Enfin, dans la séance du 17 avril. M. Payen, qu'une indisposition avait forcé à s'absenter le 3, oppose des faits positifs à quelques assertions de M. Liebig. Ainsi, cet habile chimiste a dit que la chair des carnivores, qui sont de tous les animaux ceux qui mangent le plus de graisse, ne contient pas de graisse et n'est pas propre à l'alimentation; et pourtant ce sont des carnassiers, les baleines, cachalots, phoques, etc., qui accumulent et nous fournissent les plus énormes masses de graisse. Les chats contiennent souvent des proportions considérables de graisse, et sont au moins aussi gras que les lapins, etc. M. Payen termine en disant qu'il n'existe probablement pas de graines de monocotylés ou de dicotylés, pas une spore de champignon, pas une sporule microscopique de cryptogame, qui ne renferme en quantité notable des matières grasses.
Cette immense question est loin d'être éclairée complètement. Quoique en lisant les Mémoires des chimistes français, on se sente entraîné vers leur opinion par la manière claire et logique dont elle est exposée et par les expériences nombreuses qui en sont la base; quoiqu'on souhaite vivement que de nouveaux travaux viennent sanctionner cette loi posée par un esprit essentiellement juste et grand dans ses vues, cependant on reste encore en suspens; M. Liebig n'est pas homme à abandonner si facilement le terrain, et l'on attend que de nouvelles preuves amènent la conviction.
Recherches sur la quantité d'acide carbonique exhalée par le poumon de l'espèce humaine. Tel est le titre d'un Mémoire lu par MM. Andral et Gavarret. Des expériences faites par ces auteurs il résulte: