La nuit est venue. Renvoyez votre promenade à demain, à moins que vous ne préfériez courir la bague ou tourbillonner en carrousel, si vous êtes assez heureux pour que les révélations de la balance publique ne vous aient point interdit ces jeux.

Académie des sciences

COMPTE-RENDU DES TRAVAUX DU PREMIER TRIMESTRE DE 1843.

(Suite.--Voir page 217.)

II.--Zoologie.

Animaux phosphorescents.--M. de Quatrefages a continué ses recherches sur l'anatomie des animaux inférieurs qui habit eut les côtes de la France. Ses études sur la phosphorescence de quelques-uns d'entre eux l'ont conduit aux conclurions suivantes: 1º Il y a chez ces animaux production de lumière sous forme d'étincelles dans l'intérieur du corps à l'abri du contait de l'air; 2º cette production de lumière est indépendante de toute sécrétion matérielle; 3º elle se rapproche sous ce point de vue de la sécrétion de lumière observée chez plusieurs poissons; 4º cette lumière se montre uniquement dans le tissu musculaire et au moment de la contraction; 5º la production de cette lumière épuise rapidement l'animal. Ces observations sont intéressantes en ce qu'elles tendent à lier deux ordres de phénomènes dont l'analogie n'avait été qu'entrevue auparavant: savoir la phosphorescence et l'électricité animales.

Foie des insectes.-M. L. Dufour, l'un des plus habiles entomologistes dont s'honore la France, a fait une étude approfondie de la structure et des fonctions du foie dans les insectes. On avait cru que dans ces animaux cet organe sécrétait à la fois la bile et l'urine; mais il a prouvé qu'on s'était laissé abuser par des apparences, et que dans ces animaux comme dans l'homme le foie sécrète seulement de la bile. Ces recherches sont d'autant plus intéressantes que les fonctions du foie étant encore mal connues, ou s'était élevé de cette double fonction chez les insectes pour établir entre la sécrétion de la bile et celle de l'urine une analogie qui n'exista pas.

Lézard d'Afrique.-H. Guyon a découvert à Alger l'animal connu des Romains sous le nom de Jaculus et à la côte Barbaresque sous celui de Zureig, qui exprime la même idée. Cet animal avait été entrevu par Desfontaines, qui raconte qu'il le vit courir avec une rapidité telle qu'il ne put s'en faire une image exacte; il le prit pour un serpent. M. Guyon vient de constater qu'il appartient à l'ordre des sauriens (lézards), et au genre seps. Sa course est d'une rapidité dont rien ne saurait donner l'idée.

III.--MÉTÉOROLOGIE.

Incendies allumés par des aréolithes.--Lorsque des granges ou des meules de blé sont consumées par le feu, il arrive quelquefois que les recherches les plus minutieuses ne peuvent faire découvrir l'origine de l'incendie, que l'on attribue en général à la malveillance. Le juge de paix de Moutierender a remarqué que ces incendies commençaient toujours dans les combles et les bâtiments où il n'y a point de foyer. En comparant les circonstances qui ont accompagné quatre incendies dans le voisinage du lieu qu'il habile, ce magistrat fait voir que les incendies ont été accompagnés ou précédés de chutes de globes de feu, qui ne sont rien autre chose que des aréolithes, ou étoiles filantes en ignition. Ainsi, le 18 novembre 1842, à onze heures du soir, une jeune fille entrant dans sa chambre, ayant jour sur un jardin clos, vit une forte lueur passer et frapper les vitres de sa fenêtre. Elle pensa que quelqu'un traversait le jardin, portant un falot ou une chandelle allumée; ayant ouvert la fenêtre, elle ne vit plus rien et n'entendit personne. Le lendemain à deux heures du matin, le grenier de cette chambre et ceux de quatre maisons étaient enflammés avant qu'aucun secours eût pu être porté. Dans les premiers jours de décembre, entre cinq et six heures du matin, on vit un globe lumineux jetant une si grande lumière que plusieurs personnes sortirent de la maison. Suivant le rapport de plusieurs individus, ce globe alla descendre dans une forêt. L'auteur de la lettre cite encore d'autres exemples qui ne sont pas moins probables. M. Arago accepte pleinement cette explication, qui doit être connue des magistrats, afin que on ne cherche pas de coupable là où il n'y en a point.