FAITES À L'OBSERVATOIRE DE PARIS

1843.--MAI.

1 757,19 11,0 21,9 16,0 Nuageux. S. S. E.
2 753,01 9,0 22,1 15,0 Beau, quelques nuages. E. N. E.
3 754,63 8,0 21,9 14,4 Orages, tonnerre,
faible pluie. N.
4 754,01 8,9 19,0 15,0 Assez beau. S. O.
5 752,31 7,7 21,1 15,9 Nuageux. S. O.
6 748,31 11,5 21,0 15,9 Couvert, pluie. O. fort
7 748,26 6,6 17,8 11,7 Couvert. S. S. E.
8 745,00 5,5 13,9 9,4 Très nuageux. N. O.
9 749,74 4,5 11,9 7,9 Couvert. S. O.
10 756,31 4,3 16,2 9,8 Nuageux. S. O.
11 760,96 8,9 19,9 13,9 Très nuageux. N. E.
12 762,00 7,5 20,2 15,3 Couvert. S. O.
13 758,60 12,0 17,8 13,2 Couvert. O. N. O.
14 751,87 7,0 21,0 15,4 Couvert. S. S. E.
15 749,80 10,0 19,8 14,5 Couvert. O. N. O.
16 745,20 8,2 16,0 11,8 Pluie. S. O. fort.
17 746,17 6,0 16,0 10,6 Couvert. O. S. O.
18 750,33 8,5 15,3 11,6 Couvert. N. N. O.
19 754,90 8,3 15,1 11,4 Couvert. O. N. O.
20 752,36 9,8 25,0 15,9 Très nuageux. E.
21 751,48 11,0 19,0 14,7 Couvert. S. O.
22 752,24 10,8 18,8 14,5 Couvert. O. S. O.
23 748,68 11,0 22,8 16,4 Couvert. S. E.
24 746,74 13,3 19,0 15,9 Couvert. S. S. E.
25 749,92 15,1 20,8 17,7 Nuageux O.
26 754,62 10,4 17,8 13,6 Couvert. S. E. assez fort.
27 750,28 12,0 19,2 15,3 Couvert. S. O.
28 750,28 11,0 17,3 13,9 Couvert. O. S. O
29 757,24 10,3 18,0 13,8 Couvert, pluie. O. fort.
30 760,98 8,1 17,8 12,6 Couvert O. N. O. faible
31 757,75 12,0 20,8 16,0 Couvert S. S. O.
752,63 9,3 18,8 13,6 (Moyenne)
Pluie dans la cour, 8 cent. 355
Pl. sur la terrasse, 5 cent. 930.

De la galvanographie.

Il y a déjà quelques années qu'un savant anglais, M. Thomas Spencer, de Liverpool, en étudiant l'action réductive exercée par les courants galvaniques sur les métaux dissous, découvrit que le cuivre ainsi revivifié de ses dissolutions dans les acides possédait la propriété de mouler la surface métallique sur laquelle on le précipitait, avec une exactitude telle, que les moindres modifications de cette surface, les stries du poli et jusqu'aux accidents de coloration, étaient reproduits avec la plus merveilleuse fidélité. En donnant la publicité à cette curieuse découverte, M. Spencer indiqua les principales applications qui en pourraient être faites aux arts plastiques et à l'industrie; et il fit voir comment, en envisageant un dessin comme une surface présentant à la fois des saillies et des dépressions, on pourrait arrivera transformer directement, et sans aucun recours au burin, le travail du dessinateur en une planche en cuivre gravée soit en relief soit en creux.

Quelque temps après, M. Jacobi de Saint-Pétersbourg, fut également conduit à découvrir cette curieuse propriété plastique du cuivre réduit par courant galvanique; et il donna au public connaissance de sa découverte, d'abord dans une lettre adressée à Michael Faraday et publiée par celui-ci dans le Philadelphia Magazine (septembre 1839), puis dans une série de lettres écrites au prince de Démidoff, et qui parurent en 1840 dans le journal 'Artiste. C'est depuis cette époque surtout que de nombreuses tentatives ont été faites pour résoudre le problème indiqué par M Spencer, tentatives qui n'ont point encore obtenu un plein succès, mais dont les résultats déjà acquis permettent d'affirmer que, dans un avenir qui n'est pas éloigné, le travail du graveur pourra être entièrement supprimé, et l'oeuvre du dessinateur pourra être placée, par une simple opération chimique, dans des conditions qui en permettront la reproduction indéfinie.

La reproduction d'une oeuvre d'art ou d'un signe graphique quelconque par la voie de l'impression est aujourd'hui effectuée à l'aide de trois procédés différents, dont nous devons indiquer les caractères distinctifs: l'impression typographique, l'impression en taille douce et l'impression lithographique. Ces trois procédés exigent également que l'oeuvre à reproduire soit tracée sur une surface résistante et dont la planimétrie soit parfaite, c'est là leur caractère commun: ils diffèrent en ce que, dans le premier procédé, le trait ou la ligne qui doit marquer fait saillie au-dessus du plan de la surface; dans le second il est au contraire déprimé au dessous de ce plan, et dans le troisième, il est contenu dans le plan, et n'est représenté que par un état particulier de la surface elle-même. Ces trois artifices ont le même but; celui de permettre que l'encre d'impression, distribuée sur ces surfaces à l'aide d'un tampon ou d'un rouleau, aille s'arrêter ou s'accumuler en quantités rigoureusement déterminées sur certaines portions de la surface seulement, de telle sorte que ces portions-là seules puissent donner épreuve en transmettant sous le foulage de la presse, à la feuille encore humide de papier, les portions d'encre qu'elles ont reçues.

Dans l'impression typographique les lignes à reproduire font saillie sur le plan métallique mobile que l'on appelle la forme. Un rouleau cylindrique, formé d'une pâte molle et élastique, et dont la surface lisse et unie est revêtue d'une mince couche d'une encre épaisse et grasse, effleure rapidement les lignes en saillie, laissant sur chacune d'elles une portion de son encre sans atteindre les fonds ou le intervalles qui les séparent, la quantité d'encre que reçoit chacune d'elles étant proportionnelle à sa largeur et à sa hauteur absolue au-dessus du plan de la forme. Alors un plateau métallique parfaitement plan et parfaitement parallèle aussi à la surface de la forme, s'abaisse sur celle-ci, et comprime sur les saillies noircies d'encre la feuille de papier qui en doit recevoir l'empreinte et dans laquelle elles s'impriment. Avec les dispositions mécaniques que l'on possède aujourd'hui, l'opération tout entière s'exécute en moins de cinq secondes.

Dans l'impression en taille-douce, au contraire, les lignes à reproduire sont entaillées plus ou moins profondément dans une planche métallique d'acier, de cuivre ou d'étain. L'encre d'impression, distribuée d'abord grossièrement sur toute la surface de la planche, est ensuite ramenée avec soin dans toutes les tailles, et enlevée avec plus de soin encore de toutes les parties qui doivent venir blanches à l'épreuve; puis la planche de métal et la feuille de papier passent toutes deux entre deux cylindres de fonte, et, sous l'écrasement d'une pression énorme, le papier pénètre jusqu'au fond des tailles, et s'y imprègne de l'encre que la main de l'imprimeur y a laissée. L'impression en taille-douce est, à vrai dire, un procédé de moulage, et la pile du papier humide est une matière plastique qui donne la contre épreuve en relief du moule en creux, la planche gravée.