Tout me l'assure,
Tout dépend de là.
Cette vérité frappe si vivement M. le duc, qu'il exige que sa protégée reçoive la première leçon séance tenante Or, Mirouflet n'a rien à refuser à Muguet. Muguet paraît tout à coup, voyez la gravure, et se glisse entre le maître et l'élève; y a-t-il rien de plus audacieux à la fois et de plus indiscret.
Ameublements.--Salon Louis XV.
La Révolution, en nivelant les conditions, a donné à chacun le droit de se meubler suivant son caprice et sa fortune. Mais, avant de jouir de cette liberté, les lambris dorés, les gracieuses peintures des Boucher et des Vanloo ont été badigeonnées, quand trop de zèle n'a pas poussé les iconoclastes politiques à gratter ces chefs-d'oeuvre. Mais quand on eut détruit, il fallut reconstruire. La maison française se reniant elle-même, prit les noms et les vêtements des Grecs et des Romains, oublia que nos moeurs et notre climat s'y opposaient. Les campagnes d'Égypte et d'Italie et les évènements politiques eurent une influence plus ou moins grande sur les costumes et les ameublements. Les arts resteront étrangers pendant longtemps aux décorations intérieures. Les ouvriers ignorants dirigeaient en maîtres absolus. De ce chaos est sorti le mauvais goût généralement désigné sous le nom de modes de l'Empire. Les source auxquelles on avait puisé étaient bonnes sans doute, mais on manquait d'exécution et de sentiment. La paix vint donner un nouvel essor aux arts.
On commença à sortir du labyrinthe dans lequel on marchait depuis quarante ans. L'ouvrier, dans le massacre du passé, confondit les époques en croyant inventer: mélange blessant pour l'oeil de l'artiste. Notre époque s'est imposé une tâche digne d'encouragement en rendant à chacun ce qui lui appartient.
Dans le brillant salon exécuté par la maison Girond de Gand (et que notre gravure représente), nous ne nous lassons pas d'admirer le goût et le savoir tapissier. Les meubles ne sont pas scrupuleusement de la même époque que les tentures; mais le modèle est choisi dans ce qui s'en rapproche le plus. Les bronzes, quoique lourds, sont d'un beau travail et d'un charmant effet. Nous en dirons peut-être autant du dessin de la cheminée et des vases de Chine qui supportent les candélabres, surtout quand on les compare à la légèreté des rinceaux qui courent autour des glaces, des tapisseries, et s'étendent jusqu'au plafond. En résumé, l'ensemble de ce salon est d'une heureuse invention. Si nous avons fait quelque critiques, c'est dans l'espérance de voir ces légers défauts disparaître.