Fête de Saint-Germain.--Jeu du Tourniquet.


Fête de Saint-Germain.--Jeu du Baquet.

Fête de Nanterre.--Jeu des Ciseaux.

C'est là qu'est le rendez-vous général des plaisirs bruyants de la journée; c'est là qu'affluent les saltimbanques, que travaillent les banquistes et les escamoteurs, que remisent les monstres, les géants, les nains, les alcides et tutti quanti offerts à la curiosité d'un chacun moyennant une rétribution variable de dix à vingt centimes. La place Saint-Guenault est ce jour-là le carré Marigny de Corbeil. Cette cavalcade que vous voyez défiler pompeusement sur la place et qu'à ses dolmans enjolivés de brandebourgs vous prendriez pour un escadron de hussards, ce sont messieurs les écuyers et palefreniers d'un cirque on ne peut plus olympique, qui annoncent la représentation par cette promenade imposante.--«entrez, entrez, messieurs et dames! on n'attend une vous pour commencer! Prenez vos billets, suivez le monde!.....»

Le suivrons-nous? Ma foi! avec votre permission, nous n'en ferons rien cette fois. Nous avons encore du 1er mai une indigestion de phénomènes, de trombones, de grosses caisses, de clowns, de bobèches, de parfums de saucisses et de pommes de terre frites, en un mot de tout ce qui constitue les fêtes dites populaires, et nous croyons avoir acquis, dans cette mémorable circonstance, le droit de nous priver, pour quelque temps du moins, de ces inénarrables jouissances. D'ailleurs nous avons eu le suave coup d'oeil de toutes les pancartes-affiches qui tapissent le pourtour de la place comme d'une ébouriffante et colossale fresque. Or, cet aspect suffit à quiconque possède un peu d'expérience sur la matière. Ici, en effet, la peinture rend une foule de points à la réalité; on peut dire que c'est le triomphe de l'art. Qui a vu le tableau et surtout la parade préliminaire, a tout vu. Le reste se donne, c'est-à-dire se vend par-dessus le marché.

Quant à moi, n'eussé-je rien vu, je m'en consolerais encore. A mes yeux, le simple baiser sur la joue du bon sire Aymon efface toutes ces merveilles, et ce souvenir est le seul que j'emporte avec quelque plaisir en disant adieu à Saint-Spire, à Saint-Guenault et à Corbeil.

Fête de Nanterre.--Conduite de la Rosière à la Mairie.

Fête de Saint-Germain.--Changeons maintenant de chemin de fer et transportons-nous à Saint-Germain qui célèbre sa fête patronale, en attendant la fin de l'été, qui doit ramener la fameuse et historique fête des Loges. Là encore nous trouvons, comme partout, l'inévitable mât de cocagne entouré des orchestres forains, des balançoires, des jeux de bagues, des débits ambulants de macarons, des mirlitons, de sucres d'orge et de bonshommes de pain d'épice. En vérité, on jurerait qu'il n'y a qu'une fête dans le monde, tout comme il n'y a qu'un vaudeville, chose bien connue depuis longtemps.

Gardons-nous toutefois de calomnier la fête patronale de Saint-Germain; contentons-nous de la médisance. Nous avons remarqué à cette solennité deux jeux entièrement inédits et qui, à ce titre, nous ont séduit tout d'abord.