Il était très-vieux quand le gouvernement, réparant un injuste oubli, nomma Thomire membre de la Légion-d'Honneur et récompensa en lui le patriarche des ciseleurs et des bronziers.

Psyché donnée à l'impératrice
Marie-Louise par la ville de Paris.

Le berceau du roi de Rome, dont nous reproduisons le dessin, est supporté par quatre cornes d'abondance, près desquelles se tiennent debout le génie de la Force, avec la massue d'Hercule et une couronne de chêne; et celui de la Justice, avec la balance et le bandeau sacré. Le berceau est formé de balustres de nacre parsemé d'abeilles d'or. Les ornements sont en nacre burgau et vermeil qui ressortent sur un fond de velours nacarat.

Un bouclier portant le chiffre de l'Empereur, entouré d'un triple rang de palmes de lierre et de lauriers, en forme la tête. La Gloire, planant sur le monde, soutient la couronne triomphale et celle de l'immortalité, au milieu de laquelle brille astre de Napoléon. Un aiglon, placé au pied du berceau, fixe des yeux l'astre du héros; il entr'ouvre ses ailes et semble essayer de s'élever jusqu'à lui.

Un rideau de dentelle, semé d'étoiles et terminé par une riche broderie d'or, retombe sur les bords du berceau, dont deux bas-reliefs ornent les côtés. Dans le premier, la Seine, couchée sur son urne, reçoit dans ses bras l'enfant que les dieux lui confient; les armes de Paris sont placées près de la nymphe. Le second bas-relief représente le Tibre; près de lui est un fragment sur lequel on distingue la louve. Le dieu du fleuve soulève sa tête couronnée de roseaux, et aperçoit se lever sur l'horizon l'astre nouveau qui doit rendre la splendeur à ses rives.

Détails du miroir donné par la
ville de Paris à Marie-Louise.

Nous aurions de nombreuses critiques à adresser au programme et au dessin mythologique du berceau; l'aspect en est maigre, les lignes pourraient être moins gracieuses, le globe du monde manque de proportion, le bouclier ne protège pas, les deux génies ne font rien qui motive leur présence, etc., etc.; mais il y a de l'élégance et de la légèreté dans la figure de la Gloire; le travail est précieusement fini. Les défauts sont de l'époque, les qualités appartiennent aux artistes, et nous ne comprenons pas comment ce berceau reste enfoui dans un grenier de Vienne.

L'Écran, comme toutes les autres pièces de la toilette offerte à Marie-Louise le août 1810, est exécuté en vermeil et en lapis. Sur deux barques égyptiennes surmontées de figures d'Isis, emblème de la ville de Paris, sont posés les autels de l'Hymen; les flambeaux de ce dieu, ornés de guirlandes de fleurs, brillent aux quatre coins; les colombes en forment la base. Deux colonnes, commencées en faisceaux de laurier, terminées par une branche de lierre et un chapiteau en forme de corbeille de fruits, soutiennent un entablement corinthien sur lequel est placé un groupe représentant Mars et Minerve que l'Hymen réunit. Un amour conduit avec un lien de fleurs l'aigle d'Autriche, qui semble se rapprocher de l'aigle de France, que caresse un autre génie.