Mécanisme pour transporter les diligences sur les chemin
de fer (la voiture soulevée)--Système de M. Arnoux, adopté.

Toute l'opération se fait en moins de temps qu'il n'en faut pour la décrire. Les voyageurs ne quittent pas leur voiture. Ils ne courent aucun danger, puisqu'ils sont suspendus seulement à quelques décimètres au-dessus du train; d'ailleurs, la force des chaînes de suspension ne laisse aucune chance de rupture.

C'est donc la décomposition de la diligence en deux parties, caisse et train, dans l'ensemble des moyens mécaniques employés pour l'opérer et pour recomposer le véhicule complet, enfin dans la forme particulière donnée au truck, que consiste la solution de M. Arnoux. Cette forme est telle, que la caisse, étant placée très-bas, n'offre plus que peu de prise à l'air, et est douée de la plus grande stabilité; ainsi, les voyageurs sont assis dans les diligences sur chemins de fer à 50 centimètres plus bas que dans les voitures du chemin lui-même. Ils y sont aussi plus doucement portés, parce que les ressorts de la caisse y restant fixés celle-ci se trouve munie d'une double suspension très-propre à adoucir les secousses.

Mécanisme destiné à placer les diligences sur les chemins
de fer (l'opération terminée).--Système de M. Arnoux, adopté.

Arrivées à Orléans, les voitures sont soumises à une manoeuvre inverse. Les voyageurs ne les quittent pas plus qu'ils ne l'ont fait au départ de Paris; de sorte que, sans aucun transbordement appréciable pour eux, ils poursuivent rapidement leur course vers leur destination, avec la même voiture, sans se séparer de leurs bagages.

La même opération est pratiquée sur les diligences qui, de différents points de la France, convergent sur Orléans pour arriver à Paris. C'est au centre même de Paris, et non plus seulement à l'embarcadère du chemin, que l'on est conduit avec ses malles et ses effets.

Six voitures de chacune des deux grandes entreprises de messageries partent actuellement tous les jours des deux extrémités du chemin de fer; ce nombre sera bientôt porté à huit. Ce sont donc vingt-quatre diligences qui circulent aujourd'hui, et trente-deux qui vont bientôt circuler sur ce chemin. Elles ne font que des trajets directs, les seuls qui soient établis sur le chemin. Ces trajets s'accomplissent en trois heures vingt-cinq minutes; l'administration du chemin de fer s'est engagée à les réduire à trois heures dans un délai rapproché.

Pour donner une idée de l'importance du service rendu par cette combinaison, il suffira de dire que le nombre des voyageurs qui profiteront de ce mode de transport entre Paris et Orléans est assez considérable pour procurer à la compagnie du chemin de fer un prélèvement annuel d'au moins 1,400,000 à 1,500,000 fr., d'après les évaluations les plus modérées.