Quand on voyage dans les montagnes on couche souvent sur le foin, et ou déjeune en plein air, au bord d'un précipice.
Mais quel est ce brave homme qui descend les hauteurs?
«Ah! les belles gens! dit-il, et puis propres, et puis riches! Ah çà, qui êtes-vous bien, vous autres? Des bienheureux du temps. Et que diable venez-vous donc voir chez ces rues? et tant d'autres qui passent aussi, mêmement que si chacun me payait vingt francs, je serions enterré sous mes millions!--
Voilà, lui dit magnifiquement M. Topffer, vingt sous pour vous.--Eh! braves gens! bien vrai? et puis propres, et puis de quoi boire un coup!!!» Et il s'en va aussi joyeux que si les millions étaient venus, sans compter que vingt sous, c'est plus portatif.»
M. Topffer ne se contente pas de croquer les portraits des originaux qu'il rencontre ni de représenter les principales scènes tragi-comiques dans lesquelles sa petite caravane joue un rôle intéressant; tous les beaux paysages qu'il admire sur sa route, tous les monuments curieux qu'il visite, il les dessine avec un talent remarquable, il nous les montre tels qu'il les a vus. Contemplez ce joli lac Combal, dont les lignes douces contrastent avec le déchirement et les dentelures de place qui de tous côtés frappent la vue.
Mais admirez surtout la tour fameuse du lépreux de la vallée d'Aoste. Pouvez-vous désirer un tableau plus vrai et en même temps plus artistement composé? Lisez en outre le passage remarquable que M. Topffer a écrit au pied de cette tour: