--La vieillesse de M. de Talleyrand n'était pas entièrement occupée à méditer sur la balance politique de l'Europe et sur l'équilibre des monarchies; encore moins songeait-il au compte qu'il devait, tôt ou tard, rendre à Dieu comme évêque et comme chrétien. On dit qu'une de ses dernières lectures, une de ses lectures favorites, fut celle des Mémoires de Casanova. Ce livre curieux lui rappelait un monde où il avait vécu dans sa jeunesse. Chaque page ranimait pour lui les traits anéantis de ce passé hasardeux qu'il regrettait. M. de Moutrou, son alter ego, lui a entendu dire qu'aucun ouvrage ne lui avait donné une peinture plus fidèle de la société et des moeurs du dix-huitième siècle. Un jour qu'il exprimait cette opinion, madame de D*** lui représenta que ce livre n'était pas de ceux qu'on peut laisser lire à tout le monde. «Cela est vrai, répondit-il avec son sourire demi-abbé demi-païen: La mère en défendra la lecture à sa fille, mais le fils le permettra à son père.»
--Connaissez-vous M. Napoléon Landais?--Beaucoup Napoléon; M. Landais, pas du tout.--La Gazette de France a fait courir le bruit que M. Napoléon Landais était mort.--M. Landais, je n'en sais rien; Napoléon, j'en suis sûr.--Mais ne voilà-t-il pas que M. Napoléon Landais écrit à la Gazette qu'il n'est pas mort le moins du monde et se porte au contraire à ravir. On peut s'en assurer chez M. Napoléon Landais lui-même-, qui se fera un plaisir de se faire voir en bonne santé et de se tenir à la disposition des personnes qui ignoraient l'existence de M. Napoléon Landais, même de son vivant.--Eh! que me fait M. Landais? qu'il vive ou qu'il soit mort, si bon lui semble!--Niais que vous êtes! ne voyez-vous pas le fin mot de cette inhumation et de cette réclamation de l'inhumé? M. Napoléon Landais s'est jadis rendu coupable d'un dictionnaire français enterré depuis longtemps. Le billet de faire part de la mort de M. Landais est une réclame pour le dictionnaire: «Nous avons la douleur d'annoncer la fin prématurée; de M. Napoléon Landais, auteur du fameux Dictionnaire de la langue française...» Cela fait bien, cela excite l'intérêt; et ainsi, en tuant l'un, on a voulu ressusciter l'autre; mais le dictionnaire est plus tenace que l'auteur; il n'en reviendra pas.
--La querelle de MM. Alexandre Dum... et J. J. a encore quelque peu occupé les oisifs. Suivant les uns, M. J. J. a répondu aux témoins envoyés par M. Alexandre Dum...: «Je me battrais bien volontiers, mais ma femme ne veut pas!»
Suivant d'autres, il aurait dit: «Vous prétendez que je dois une réparation à M. Dum...; supposez que je lui doive vingt mille francs, et que je ne les aie pas dans ma poche, est-ce que je pourrais les lui rendre?»
D'autre part, M. Dum... agitait son tomahaw d'un air massacrant, cherchant partout, dit-on, quelque petit blanc de feuilletoniste pour le dévorer. Quelqu'un lui dit: «Mais, mon cher, si vous voulez tuer tous eux qui trouvent votre comédie mauvaise, vous referez la saint-Barthélémy.»
-On s'étonnait chez madame de C*** de ce que M. Alexandre Dum... avait choisi un duc de Guiche pour témoin.--Pourquoi pas en effet le duc Brunswick ou le duc d'Amcet-Bourgeois?
En définitive, l'affaire a été ce qu'elle devait être raisonnablement: les deux adversaires, blessés et enterrés l'un par la plume de l'autre, ont répandu des flots d'encre, et y ont lavé leur injure.
Théâtres.
L'Ogresse (théâtre du Palais-Royal).--La Femme compromise; Quand l'Amour s'en va théâtre du Vaudeville. --La Folle de la Cité (théâtre de la Gaieté).--Les nouvelles à la Main (théâtre des Variétés).--Le Baiser par la fenêtre (théâtre du Gymnase).