Votre âge échappe à l'orage.

Vous échapperez, aux tempêtes

Où notre courage expira.

Lequel croire des deux poètes? Celui qui prédit des nuages plus sombres, ou celui qui annonce un beau ciel? J'ai grand'peur qu'Horace n'ait raison! N'est-ce pas pour nous, en effet, les jeunes d'il y a quinze ans, que Béranger avait dit;

J'en crois votre allégresse:

Oui, bientôt d'un ciel pur

Vos jeux, brillants d'ivresse,

Réfléchiront l'azur!

O noble poëte! notre ivresse et nos yeux ont menti: où est le ciel pur? où est l'azur que tu nous promettais?

--M. Alexandre Dumas, tout le monde le sait, a donné récemment un assez curieux échantillon de la colère où peut se laisser emporter la rancune d'un poète critiqué et sifflé: pour défendre une mauvaise pièce, il écrivit à M. Jules Janin cette mauvaise lettre qui prouvait tout ce que vous voudrez, excepté la chose importante, à savoir que la comédie de M. Dumas est une bonne comédie; le critique a répliqué au dramaturge par un article plein de traits acérés et piquants. Quel bénéfice, cependant, M. Dumas et M. Jules Janin ont-ils retiré de cette lutte à l'encre de la Petite-Vertu? Beaucoup de bruit et de ridicule pour rien: le public, juge du camp, les a renvoyés dos à dos, scandale compensé.