A l'appui de cette opinion, M. Troplong a réimprimé, en tête de ces deux volumes, une savante et curieuse dissertation qu'il avait lue jadis à l'Académie des Sciences morales et politiques, et dans laquelle il a fait l'histoire de l'esprit d'association depuis les Romains jusqu'à nos jours. Nous n'analyserons pas cette remarquable dissertation, qui, selon les propres expressions de son auteur, renferme quelque chose de plus sérieux qu'un ornement scientifique. Qu'il nous suffise, pour donner une idée de son importance et de son but, d'en citer un court fragment: «La vérité est, dit M. Troplong, que le législateur du Code civil et du Gode de commerce, en réglant les conditions des sociétés par actions, ne s'est pas aventuré dans une région inconnue; qu'il n'a pas hasardé une innovation dont l'avenir seul a pu révéler les avantages ou les inconvénients. L'expérience avait été faite; depuis des siècles l'institution marchait; elle avait eu ses moments de crise à côté de ses heures de prospérité; elle était passée par les principales épreuves qui peuvent éclairer la prudence du législateur. Il est utile de constater ces précédents, qui mettent nos codes dans leur véritable cadre, parce que naguère, après certaines surprises de l'agiotage, les esprits émus s'en sont pris trop légèrement à la loi des erreurs des hommes. Au lieu de faire le procès aux intrigants devant la police correctionnelle, on a fait le procès au Code devant les Chambres... Dans tout cela on oubliait bien des choses, mais surtout l'histoire, dans laquelle on aurait vu que le passé n'est pas aussi petit, aussi dépourvu de grandes tentatives commerciales et de grands faits économiques que l'on se l'imagine... Chez ce peuple romain qui avait remué l'univers, dans ce Moyen-Age qui créa tout par l'association, dans cette Europe d'autrefois qui sut coloniser le Nouveau-Monde, sillonner les mers les plus lointaines de sa marine marchande, trouver l'assurance et le crédit, défricher, dessécher, canaliser; dans tout ce passe, si riche d'entreprises et de découvertes, soyons convaincus que la jurisprudence fut sans cesse alimentée par de grandes applications de l'esprit d'association; qu'elle en a connu l'importance et le but économique, et que, par une généralisation savante de faits industriels très-nombreux et très-compliqués, elle est arrivée à asseoir le contrat de société sur ses véritables rapports intérieurs et extérieurs, à calculer avec exactitude la force relative des valeurs que ce contrat met en action, à donner au personnel une organisation sagement étudiée, et qui, se prêtant avec souplesse aux exigences de tous les cas, réunit tour à tour les avantages de l'égalité et ceux de la hiérarchie.»

Souvenirs d'un Voyage à Munich, ou Description des principaux monuments de la ville nouvelle; par Al. Lusson, architecte des travaux publics, ancien commissaire-voyer de la ville de Paris. 1 vol. in-8 de 112 p.--Paris, 1843. M. Al. Lusson est un fanatique admirateur du roi de Bavière. Pendant son séjour à Munich, il a pris un vif plaisir à contempler et à étudier les innombrables monuments élevés «par les soins de ce prince artiste et poète, qui a compris que les sciences et les arts «ennoblissent les peuples et achèvent de les polir.» A son retour à Paris, il a publié sur Munich une brochure de 112 pages, dans laquelle les artistes et les architectes trouveront une description claire, exacte et détaillée de toutes les merveilles de cette ville que les Bavarois appellent l'Athènes du Nord.

Modes.

COSTUMES CE CHASSE.

On ne s'occupe en ce moment que de costumes de chasse. La mode, qui ordinairement ne permet presque pas de variétés dans les toilettes d'homme, est plus tolérante pour celles qui sont destinées à la chasse.


Ce dessin représente un chasseur à courre; son habit est rouge; le fouet qu'il tient à la main et le couteau de chasse fixé à son ceinturon de cuir verni sortent des magasins Verdier; sa culotte de daim et ses bottes à revers complètent un costume irréprochable de grande chasse.

Qu'on ne suit pas étonné de voir une dame en habit de chasse à pied. Autrefois les hommes brodaient au tambour, faisaient de la tapisserie, en un mot, s'occupaient d'ouvrages de femmes pour se rapprocher d'elles; de nos jours, les élégantes se livrent aux exercices de la gymnastique et de la natation, à l'enivrement de la cigarette et aux fatigues de la chasse. Il faut bien que nous cherchions à partager les plaisirs de nos maris et de nos livres, jusqu'à ce qu'il leur plaise de revenir aux nôtres. Chaque sexe fait à son tour un pas vers l'autre, et il y a longtemps que le symbole de la mode est, comme celui de la fortune, une roue.

Amusements des Sciences.

SOLUTIONS DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LE DERNIER NUMÉRO.