Sa noblesse n'est pas des plus anciennes; il n'est que le quatrième comte de sa race; quant à ses titres, lord Aberdeen en a plus d'un conseiller privé, membre de la Société Royale, président de la Société des Antiquaires, chevalier du Chardon, etc., etc.
Il ne hait pas le mariage, puisqu'il a été marié deux fois; la première fois avec la fille du marquis d'Abercon, la seconde fois avec la fille de l'honorable J. Douglas.
Au physique, lord Aberdeen est du moyenne taille, sans grâce et peu recherché dans sa parure; on en ferait très-difficilement un lion. Son vêtement est toujours trop large et mal coupé; mais en revanche il est rarement neuf.
Bien que milord tienne habituellement ses mains croisées derrière le dos, il ne se donne pas pour Napoléon. A tout prendre, c'est un homme calme, prudent, patient, discret, laborieux, qui parle bas et se dandine sur ses talons; en France on dirait de lui: Cet homme-là entend les affaires.
Je finis en vous priant de jeter les yeux sur un simple matelot fait à l'image des matelots employés sur le yacht de la reine; peut-être est-ce le héros de l'aventure nautique que j'ai eu l'honneur de vous raconter là-haut; ici, du moins, notre homme est d'une tenue convenable, et le gendarme n'a point à intervenir.
Item deux petits dessins représentant l'un le débarquement de la reine, l'autre son passage du yacht dans le navire français.
Mais ce n'est là, ô lecteur! mon ami, qu'une dragée pour te faire prendre, patience; l'Illustration te réserve d'autres dessins pour la semaine prochaine. Au revoir!