Cependant madame Simnel arrive avec la dot de son fils qu'elle était allée chercher. Quel changement! et que devient-elle quand Lambert lui apprend qu'on lui a révélé tout le mystère, qu'elle n'a jamais été que sa nourrice, et qu'il est le roi légitime de l'Angleterre et de l'Irlande!--» En voilà bien d'une autre! Comment! tu n'es pas mon fils! qui ose le dire? et qui peut savoir cela mieux que moi? Tu es si bien mon fils, que voici la dot que ton père t'envoie, et voici les papiers, ou parchemins, qui établissent la naissance. Voyez, plutôt, madame la duchesse.» Car la duchesse est présente, et, s'il faut tout dire, elle ne quitte guère la tente de Lambert Simnel.
Vous croyez celui-ci bien désappointé? Tant s'en faut! Il est au comble de ses voeux, et l'on dirait un avoué qui a fait sa fortune et qui peut enfin vendre sa charge.--Comment! je ne suis pas roi? Quel bonheur! Savez-vous que c'est un métier fort ennuyeux que celui de roi, et qu'il n'y a pas de couronne qui vaille ma petite Catherine, qu'on m'avait fait abandonner? D'ailleurs, je ne suis pas homme à voler le bien d'autrui, et puisque le trône appartient légitimement à Henri VII, vive Henri VII! vivent Lancastre, la Rose rouge et le prince Édouard!
Certes, il est impossible de trouver à redire à un dénouement aussi moral.
Indépendamment des scènes amusantes qui abondent dans cet ouvrage,--dans les deux premiers actes surtout,--il y a des morceaux fort agréables, l'introduction, par exemple, un duo entre Lambert et Catherine, un air chanté par Lambert, un trio entre Lincoln et ses deux complices, le finale du premier acte, un air chanté par la duchesse au commencement du second, d'autres encore; il faudrait les citer presque tous. Il y a de charmantes phrases dans le duo, la première surtout. Le trio est vif, léger, décidé; le trait de violon et la phrase vocale, qui en font tous les frais, ont une physionomie également originale, et quand le violon s'empare, à la fin, de cette phrase vocale, et la reproduit pianissimo, il en augmente encore l'effet. Le finale contient une marche exécutée par les instruments et répétée par les voix, qui a beaucoup de style et de caractère.
En général, cette dernière partition de Monpou est très-riche d'idées mélodiques, et l'on y remarque, indépendamment de ses qualités habituelles, une facilité et une ampleur de développements dont il avait jusque-là donné peu d'exemples. Sous ce rapport il y avait chez lui progrès véritable, et ce dernier ouvrage fera encore déplorer plus amèrement sa perte prématurée.
Explosion de Gaz à Londres.
MOYEN DE PRÉVENIR DE SEMBLABLES ACCIDENTS.
Il y a quelques jours, un fumeur, passant dans le quartier populeux de Clerkenwell, à Londres, jeta par mégarde, dans la grille de l'égout, au carrefour des rues de Rosamond, d'Enmouth et de Middelton, le petit morceau de papier avec lequel il avait allumé sa pipe.
Aussitôt une explosion terrible s'ensuivit. Le gaz, qui s'était accumule dans l'égout, s'enflamma; quarante maisons furent ébranlées; d'énormes grilles de fer ont été arrachées et jetées à plus de cinquante mètres de distance; le pavé des rues, les dalles des trottoirs, ont été déracinés, brisées, bouleversés. On eût dit une éruption volcanique.
Les journaux qui rendent compte de cet accident ajoutent qu'on ne prévoyait pas jusqu'à présent ce nouveau danger que le gaz hydrogène fait courir aux habitants des villes qu'il éclaire. On était loin de s'imaginer, disent-ils, que les égouts pouvaient devenir le réceptacle et le loyer de si formidables explosions.--En sorte qu'à Paris comme à Londres, la population insouciante qui foule les dalles des trottoirs où saute un ruisseau, marche sur un volcan.