«Notre pays est si plein de divinités, qu'un dieu peut s'y rencontrer plus facilement qu'un homme.»

Le héros du roman ayant commis un sacrilège en tuant une oie consacrée à Priape, se tire d'ailleurs on ne peut plus philosophiquement. Il dit à la prêtresse:

«Tenez: voici deux pièces d'or: avec cela vous pourrez acheter des oies et des dieux.»

La traduction de M. Baillard lui a coûté vingt ans d'études et de labeurs, c'est-à-dire deux ou trois épopées et une douzaine de tragédies, d'après les procédés de la fabrique contemporaine. Adoucir sans infidélité les crudités de la débauche latine, éclaircir les obscurités d'un texte incomplet, rendre avec précision, netteté et élégance une foule de détails si étrangers à nos habitudes et à nos moeurs, ce n'était pas une tâche facile. L'oeuvre de M. Baillard est celle d'un humaniste consommé, d'un savant antiquaire et d'un littérateur aussi consciencieux qu'habile. De pareils travaux sont d'autant plus recommandables, que les suffrages de quelques hommes instruits doivent leur tenir lieu de vogue et de popularité. Dans un temps ou dans un pays plus favorable aux fortes études, il y aurait quelque gloire à avoir rendu ainsi accessible au public un des monuments les plus intéressants de l'antiquité. Mais n'exigeons pas trop de notre époque si affairée; souhaitons au nouveau, et trés-probablement dernier traducteur de Petrone, une portion du succès que des versions extrêmement inférieures à la sienne ont obtenu près des plus grands esprits du siècle de Louis XIV: jamais succès n'aura été plus juste ou plus agréable aux amis des lettres.
M. Maillefer.

Coffret donné par le roi

A LA REINE VICTORIA.

Ce coffret, offert en présent par lu roi à la reine Victoria, pendant son séjour au château d'Eu, est l'une des oeuvres les plus délicates sorties depuis longtemps de la manufacture de Sèvres; il a 40 centimètres de long sur 26 de large et 27 de hauteur; sur chacune des faces est une peinture de M. Devilly représentant des toilettes de femme dans les cinq parties du monde. Sur le couvercle, c'est l'Europe avec de riches ornements et une parure de bal; la face antérieure représente la toilette d'une mariée dans l'Inde française; l'un des côtés rappelle la traite, des objets de toilette en Sénégambie; le côté opposé donne une idée de la parure des femmes dans l'Océanie et de l'opération du tatouage à Nonkahiva; sur la face postérieure enfin, l'artiste, dans une composition très-gracieuse, a groupé des femmes américaines, naturelles et métis, parées de leurs plus beaux vêtements; c'est en Bolivie, je crois, qu'il a placé le sujet de cette scène. Cette description très-incomplète, et notre dessin lui-même, ne peuvent donner qu'une idée imparfaite de ce petit meuble, dont les ornements et la composition générale, dessinés et exécutés par M. Huart, l'un de nos meilleurs artistes, sont d'un fini et d'un goût admirables.

Nécrologie.

LE COMTE DE TORÉNO.