Le comte de Toréno est né à Oviédo, dans la principauté des Asturies, le 26 novembre 1788, d'une famille noble et renommée par ses services. Jeune encore, il vint à Madrid pour y terminer son éducation. Il avait vingt ans à peine quand Napoléon commit en Espagne la faute irréparable qui fut le premier degré de sa perte et de nos malheurs. Entraîné par les événements, Toréno quitta Madrid, se rendit à Oviédo, rassembla autour de lui ses concitoyens, exalta leur patriotisme, organisa et dirigea leurs efforts avec une habileté qu'on n'eût pas attendue de son extrême jeunesse.
Ces premiers efforts attirèrent sur lui l'attention de ses compatriotes, qui n'hésitèrent pas à lui donner une haute preuve de confiance. Il fut envoyé à Londres chargé d'une mission diplomatique qui avait pour objet l'alliance des deux cabinets de Saint-James et de Madrid. Un pareil résultat, il est vrai, était peu difficile à obtenir: à cette époque, l'Angleterre se serait alliée avec l'empereur de la Chine lui-même, pourvu que c'eût été contre la France. Les négociations du jeune diplomate furent donc couronnées de succès, et il rapporta de ce voyage une telle réputation de talent, d'activité et de patriotisme, qu'il se trouva, à son retour, l'un des chefs de l'opinion populaire. En 1812, la province de Léon le nomma député à Cadix pour demander la convocation des cortès. Il s'y fit remarquer par l'énergie de sa parole et la hardiesse de ses résolutions. Les cortès s'assemblèrent; Toréno, député de la province des Asturies, n'avait pas encore atteint l'âge de rigueur, vingt-cinq ans. Une décision spéciale créa en sa faveur une exception fondée sur les services rendus par le jeune député à la cause de l'indépendance nationale.
Le comte de Toréno prit part à tous les travaux de cette assemblée fameuse. La restauration de Ferdinand VII l'obligea à se réfugier en Angleterre, d'où il ne tarda pas à passer en France. Arrêté à Paris en 1816, la police attribua à l'effet d'une méprise cette arrestation, qui, en effet, ne fut pas de longue durée Bientôt la révolution de 1820 ouvrit aux exilés les portes de leur pairie; Toréno fut de nouveau envoyé aux cortès; mais, soit que la maturité de l'âge, soit que les leçons de l'exil eussent modifié les idées du comte, sa conduite aux cortès de 1820 fut loin de répondre aux espérances qu'avaient fait concevoir ses opinions de 1812. Débordé par le flot populaire, il abandonna les rangs de la démocratie, dont il avait été l'un des plus ardents apôtres, et essaya de lutter contre les principes dont il avait lui-même favorisé et provoqué le développement. Il fut l'un de ceux qui constituèrent en Espagne le parti moyen. Mais ces demi-concessions ne purent apaiser le ressentiment de ce roi que sa mère appelait Ferdinand coeur du tigre et tête de mulet.
Le flot qui avait porté le comte de Toréno aux cortès le ramena dans l'exil. Mieux éclairé sur ses intérêts, Ferdinand ne tarda pas à rappeler auprès de lui les hommes qui avaient quitté l'opinion démocratique pour se rapprocher de la royauté. Toréno rentra alors en Espagne, et l'ambassade de Berlin lui fut offerte; mais M. de Toréno était meilleur diplomate encore que Ferdinand ne le croyait: il refusa cette preuve de la confiance royale, prétextant la nécessité d'aller revoir ses domaines longtemps abandonnés, de s'occuper de ses intérêts personnels. Ce ne fut guère en effet qu'après la mort du roi, lorsque Marie-Christine prit, au nom de sa fille, les rênes de l'État, que le comte de Toréno revint aux armures et se dévoua à la reine régente, dont il devint le ministre et l'ami. L'opinion dont il avait été l'un des plus fervents apôtres n'eut pas lieu de se louer de son administration, et sa probité même fut exposée à de graves imputations.
M. de Toréno partagea le sort de la reine Christine après le triomphe d'Espartéro, et vint de nouveau chercher en France l'hospitalité qu'il était habitué à y trouver. On assure qu'il était, hors des affaires, plein d'érudition, de science et de goût. Il laisse, dit-on, des mémoires qui promettent plus d'une révélation piquante sur les événements si nombreux dont l'Espagne a, depuis un quart de siècle, été le théâtre, et sur les hommes qui ont tour à tour dirigé les affaires de ce beau et malheureux pays.
Le comte de Toréno est mort à la suite d'une douloureuse maladie. Son corps, déposé provisoirement dans les caveaux de l'église Saint-Philippe-de-Roule, doit être transporté en Espagne, dans la sépulture de la famille Toréno.
Amusements des Sciences.
SOLUTIONS
DES QUESTIONS PROPOSÉES
DANS LE 28e NUMÉRO.
I. Pour résoudre ce problème, on observera que puisque le lion, jetant l'eau par la gueule, remplit le bassin dans six heures, il en remplira un sixième dans une heure; et puisque, la jetant par l'oeil droit il le remplit en deux jours, dans une heure il en remplira 1/48. On trouvera de même qu'il en remplira 1/72 dans une heure, en jetant l'eau par l'oeil gauche, et 1/96 en la jetant par le pied. Donc, la jetant par les quatre ouvertures à la fois, il en fournira dans une heure 1/4+1/48+1/72+1/96. c'est-à-dire, en ajoutant toutes ces fractions, les **/***. Qu'on fasse donc cette proportion; Si les **/*** ont été fournis en une heure, ou soixante minutes, combien la totalité du bassin, ou les???/????, exigeront-ils de minutes? Et l'on trouvera quatre heures quarante-trois minutes et!@@/@@, ou environ quarante-deux tierces.