Les 29,282 ménages secourus en 1841 comprenaient 66,487 individus. Ils étaient plus surchargés de famille que ceux de 1829, car à cette dernière date, quoique le chiffre des ménages fût plus élevé de. 1,079, le nombre des individus secourus était moindre de 3,782.

Les chefs de ménages indigents se classaient de la manière suivante: mariés, 11,917; veufs, 10,408; femmes abandonnées, l,898. On y ajoutait ensuite: célibataires adultes, 4,496; célibataires orphelins, 563.

Sur les 29,282 chefs de ménage secourus, 15,250 ont moins de soixante ans; 14,052 ont dépassé cet âge. On y compte un seul centenaire.

Le loyer des lieux qu'occupent ces ménages secourus est, pour 5,399 d'entre eux de 50 fr. et au-dessous; il est de 51 à 100 fr. pour 12,680; de 101 à 200 fr. pour 5,684; de 201 à 300 fr. pour 187; de 301 à 400 fr. pour 13; au-dessus de 400 fr. pour 2 seulement. 3,003 sont logés à titre gratuit, et 2,317 le sont comme portiers.

Dans les 29,282 ménages, 15,495 ont pour chefs des hommes. Nous ne donnerons pas la répartition du nombre entier entre les diverses professions, mais nous indiquerons le chiffre pour lequel quelques-unes y figurent. En le faisant, nous n'avons pas la prétention de fournir des éléments de calculs sur l'aisance et les ressources de telle profession comparée à telle autre; la statistique ne fait souvent que complaire à la curiosité, elle tombe dans le ridicule quand elle a la prétention de l'éclairer toujours, et nous n'imiterons pas Parent-Duchatelet dans son livre sur les femmes dégradées, qui, prenant à coup sûr quelque exception que nous voulons ignorer pour un des éléments de ses calculs, dit que, dans une période de temps qu'il détermine, sur tel nombre de ces malheureuses qui finissent par se marier, il y en a une qui épouse un membre du Conseil d'État.

Nous remarquons d'abord sur le tableau général que cinq états qui, précédemment, comptaient des indigents secourus, n'en ont point eu en 1841: ce sont les albâtriers, les arroseurs, les ciriers, les lamineurs et les cimentiers.--Les affineurs, apprêteurs de draps, artificiers, batteurs d'or, charcutiers, chocolatiers, décatisseurs, égouttiers, facteurs, machinistes, pédicures, satineurs, n'en ont compté qu'un seul chacun.--Nous remarquons encore, dans les professions où il y a eu peu d'indigents à secourir ou du moins secourus, les bandagistes, les brodeurs en or, les dentistes, les estampeurs, les frangiers, les interprètes, les lapidaires, les mouleurs en plâtre, les parcheminiers, les parfumeurs, les sertisseurs, qui n'y figurent chacun que pour deux:--les artistes dramatiques, les chantres de paroisse, qui y sont portés chacun pour trois.

Les dessinateurs fournissent quatre indigents; les libraires et bouquinistes, six; les compositeurs d'imprimerie, pour lesquels le travail est cependant fort inégal, mais qui ont eu le bon esprit d'entrer largement dans la voie des caisses de secours mutuels, dix, chiffre bien peu élevé en raison de leur grand nombre; les graveurs, quinze; les relieurs, vingt-quatre. Quant aux imprimeurs en caractères, dont l'emploi des machines a diminué sensiblement les garanties d'occupation, cent trente-neuf ont été dans la nécessité de recourir aux secours.

Vingt-sept tambours se sont trouvés dans la même situation.

Dans les chiffres dépassant la centaine, nous trouvons: les charpentiers, 111; les tourneurs, 119; les chiffonniers, 122; les fileurs de coton, laine et soie, 124; les tisserands, 129; les terrassiers, 130; les savetiers, 131; les anciens domestiques, 132; les charretiers, 140; les anciens employés et écrivains, 140; les manœuvres, 140; les balayeurs, 149; les corroyeurs, tanneurs, mégissiers et peaussiers, 156; les cochers, 171; les porteurs d'eau, 189; les ébénistes, 192; les bonnetiers, 197; les peintres, vitriers et colleurs, 278; les maçons, 300; les serruriers, 333; les menuisiers, 406; les tailleurs d'habits, 477; les marchands revendeurs, 778; les cordonniers, 880; les commissionnaires et hommes de peine, 1,429; les portiers (hommes), 1,283; les journaliers, 1,805; les individus sans état, 1,982.

Le rapport de la population indigente à la population générale de Paris a été, en 1841 (prenant pour cette dernière le résultat du recensement de 1836), de 1 sur 13 habitants 307 millièmes. Voici le rapport dans les arrondissements: