Nous ajouterons, pour compléter l'état actuel de la question, que M. Léon Dufour, dans la séance du 16 octobre, a rendu compte de recherches anatomiques faites par lui pour reconnaître les poches glandulaires indiquées par Hunter comme faisant suinter ou sécrétant la cire chez l'abeille. M. Léon Dufour a scrupuleusement disséqué trente abeilles sans rien rencontrer qui ressemble à cet organe admis par Hunter et Huber. Ce fait négatif d'anatomie est tout à fait digne d'attirer l'attention des naturalistes; au reste, fut-il confirmé, il en résulterait seulement que l'organe sécréteur de la cire est encore à trouver, mais cela ne prouverait rien contre le fait positif de la sécrétion de la cire. Enfin MM. Bouchardat et Sandras ont présenté et lu à l'Académie, dans les séances du 26 juin et du 14 août, un travail qui a pour titre: Recherches sur la digestion et l'assimilation des corps gras... Suivant ces deux habiles observateurs, les huiles et les graisses seraient absorbées par les vaisseaux chylifères, et fourniraient un chyle abondant, tandis que la cire, absorbée en très-petite quantité, se retrouverait presque en totalité dans les excréments.

(La suite à un prochain numéro.)

Accident du 10 novembre sur le chemin de fer de Versailles (rive droite).--Différents systèmes proposés pour prévenir les accidents.

Il y a peu de temps, l'Illustration mettait sous les yeux de ses lecteurs des relevés statistiques d'accidents arrivés sur les chemins de fer, tant en France qu'à l'étranger (p. 71, t. II); son but était de rassurer les esprits timorés, en leur prouvant que les sinistres étaient moins fréquents dans le nouveau mode de locomotion que dans l'ancien, et elle signalait notamment que plusieurs morts n'étaient dues qu'à l'imprudence même des victimes. L'accident arrivé le 10 novembre sur le chemin de fer de la rive droite a ajouté un nouvel exemple à ceux que nous avions donnés des funestes effets que peut encore produire la crainte sur les hommes mêmes les plus exercés à la vie et aux allures des chemins de fer.

Le 10 novembre, le convoi parti de Paris pour Versailles à huit heures du matin se trouvait sur un remblai de huit à dix mètres d'élévation entre Sèvres et Chaville, et à l'entrée d'une courbe, lorsque la locomotive, animée d'une vitesse ordinaire, sortit des rails, en traînant après elle son tender, le wagon à bagages, qui, d'après les prescriptions de l'administration, doit toujours séparer l'appareil moteur des voitures des voyageurs et le premier wagon de voyageurs. La locomotive arrivée au bord du remblai se renversa, et sa cheminée pénétra même de quelques centimètres dans le talus; dans ce moment le feu se renversa et l'incendie du 8 mai aurait pu avoir un triste pendant, si en même temps l'eau contenue dans la locomotive n'était venue l'éteindre. Le tender fut également renversé sur le remblai, et le wagon à bagages, brisé en mille pièces, vint couvrir de ses débris la locomotive et le tender.

Le lendemain de l'événement, l'appareil moteur était encore couché sur le talus, et des ouvriers travaillaient à faire une tranchée pour le dégager. Tel est le sujet du dessin qui a été pris sur les lieux par un des dessinateurs de l'Illustration, et que nous offrons aujourd'hui à nos lecteurs.

Le premier wagon de voyageurs qui suivait le wagon à bagages, entraîné, sortit également des rails, mais heureusement la chaîne d'attache fut brisée, et le wagon, au lieu de se précipiter en bas du remblai, se renversa en travers de la voie. Le second wagon fut également déraillé, mais il resta debout sur le chemin. Quant à la berline et aux trois wagons qui la suivaient, tous restèrent sur les rails.

Les premières victimes de cet accident devaient être le mécanicien et le chauffeur: le mécanicien eut en effet, l'épaule démise; mais, par un hasard providentiel, le chauffeur n'eut que quelques contusions insignifiantes.

Les employés de l'administration du chemin de fer qui étaient dans le wagon à bagages eurent également quelques contusions. Quant au conducteur qui se trouvait sur l'impériale du wagon de voyageurs, en voyant le convoi dérailler, il se précipita sur la voie, et se fit à la tête une profonde blessure, à laquelle il succomba le lendemain.

Le seul voyageur qui ait été blesse se trouvait dans le wagon renversé en travers des rails; il eut le genou broyé et la cuisse grièvement endommagée. Tous les autres voyageurs sortirent des wagons sains et saufs.