Personne n'échappe aux distributions d'enfants trouvés par le bibliophile Jacob. Molière lui-même reçoit le sien; page 262, n. 1180: «Nous croyons donc que cette pièce est de Molière,» et il s'agit de cinq actes, par ma foi! Avis donc aux gens qui n'ont pas encore fait relier leur exemplaire de Molière.
Vous savez qu'on n'avait jamais pu trouver que des signatures de Molière; M. de Soleinne le croyait comme nous. Eh bien! pas du tout; le Bibliophile Jacob n'a eu qu'à mettre le nez dans cette bibliothèque, où M. de Soleinne n'avait bien su voir, pour découvrir aussitôt une foule d'autographes de notre premier comique; page 295, n. 1296, il en trouve trois; page 251, n. 1147, il imprime en grandes majuscules: «VOICI DONC ENFIN UN AUTOGRAPHE DE MOLIÈRE.» En vérité le Bibliophile Jacob nous paraît avoir entrepris de régénérer la bibliographie comme l'a fait, pour la Comédie Française, cet autre régénérateur, M. Taylor.
Mais nous avons dépassé l'espace qui nous était accordé. Nous n'avons plus qu'un avis à donner à M. le Bibliophile Jacob. Dans le cas où la famille de M. de Soleinne, pour charmer sa douleur, se déterminerait à donner cette collet lion à la bibliothèque de l'Arsenal, qui possède déjà la collection théâtrale de M. de Paulmy, nous prévenons le rédacteur de ce Catalogue qu'il doit éviter une erreur dans l'adresse. La bibliothèque de l'Arsenal n'est pas, comme il le dit page XIV de la préface, l'ancienne bibliothèque du comte de Provence, mais celle du comte d'Artois. Si ce n'est lui, c'est donc son frère. T.
Le Livre des Mères de famille et des Institutrices sur l'éducation pratique des Femmes; par mademoiselle Nathalie de Lajolais; deuxième édition. Ouvrage couronné par l'Académie française.--Paris, 1843. Didier. 1 vol. in-18. Prix; 3 fr. 50 c.
Le livre des Mères de famille et des Institutrices sur l'éducation pratique des Femmes, dont la deuxième édition forme un joli volume in-18, renferme cinq parties distinctes:
La première qui comprend vingt-trois chapitres traite des caractères de certains penchants à peu près communs à l'enfance, et de la manière dont il faut redresser ou diriger ces penchants défectueux.
La seconde, sous le titre d'Éducation physique, tend à faire ressortir la nécessité et les moyens de perfectionner les sens. Par ces moyens, l'auteur entend: les soins de propreté, l'observation des règles d'hygiène, selon la nature du tempérament, divers exercices corporels, l'étude de la musique et du dessin, l'application de l'intelligence à divers jeux usités dans les récréations.
La troisième entre dans tous les détails de l'éducation intellectuelle; elle indique le mode de culture le plus convenable, c'est-à-dire le plus approprié à la nature et au degré d'intensité de chaque faculté. L'intelligence comprend: l'esprit, la mémoire l'imagination, le jugement, la volonté.
La quatrième embrasse l'éducation de l'âme. Après avoir présenté l'analyse des facultés innées, elle marque la direction qu'il faut donner nécessairement à ces facultés, qui sont: le sens moral, l'amour du beau, le sentiment de l'infini, la raison ou l'amour du vrai, la conscience ou le sentiment de la justice.--La religion, intimement liée à l'éducation de l'âme, fait la matière spéciale d'un chapitre dans cette quatrième partie.
La cinquième et dernière résume tout ce qui a rapport directement à l'instruction des femmes. L'instruction y est considérée sous un double point de vue: celui de l'instruction essentielle et celui de l'instruction complète ou perfectionnée.