Colonie agricole de Petit-Bourg.--Salle servant à la fois
de dortoir, de réfectoire et de salle d'étude.
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Colonie agricole de Petit-Bourg.--Costume de dimance, hiver et été, des jeunes colons. |
Colonie agricole de Petit-Bourg.--Costumes de travail, hiver et été, des jeunes colons. |
Voici donc une institution dont le but est généreux, dont le plan semble merveilleusement conçu, dont les effets peuvent être incalculables pour l'amélioration de la situation des classes pauvres. Que lui faut-il pour se consolider, prospérer, grandir, et voir s'ouvrir devant elle tout l'avenir qui lui semble réservé? Rien autre chose qu'une sympathie qui ne saurait lui manquer, la sympathie et l'appui du gouvernement et de toutes les personnes que leur bienfaisance et leur humanité ont portées comme lui a ne pas les refuser à une classe infiniment moins intéressante que celle des enfants pauvres et honnêtes: les jeunes détenus. Toutes comprendront, et l'État avec elles, que se mettre dans la nécessité de répondre au père d'une nombreuse famille indigente: «Nous ne pouvons vous aider; nous ne pouvons nous charger d'un de vos enfants tant qu'il ne se trouvera pas parmi eux un petit voleur, est une imprudence bien grave, et, comme nous le disions au commençant, une dangereuse provocation. Quand, pour voir accueillir une pétition où un père demande du pain pour ses enfants, il ne faut que l'apostille de la police correctionnelle, il est à craindre qu'elle ne se fasse pas attendre. Chacun le sentira; et à Paris, qui compte tant de pauvres nés dans ses murs, dans les départements qui lui en envoient en outre un si grand nombre, toutes les fortunes grandes, moyennes et médiocres apporteront leur large offrande, leur tribut mesuré, et leur sympathique obole à la colonie naissante. Petit-Bourg est sûr de trouver tous les appuis que Mettray a rencontrés, et bien d'autres encore. Comme Mettray, Petit-Bourg aura à faire graver en lettres d'or sur son fronton le nom du comte d'Ourches ou de quelque autre opulent bienfaiteur. Il aura aussi à inscrire sur ses tables les noms de milliers de souscripteurs; et c'est dans ce livre de la reconnaissance qu'on apprendra aux colons à épeler.
Ministres, et vous législateurs, si vous avez laissé à la bienfaisance et au dévouement privés le soin et la gloire de fonder une telle œuvre, vous voudrez avoir du moins le mérite qui vous peut maintenant revenir: celui de l'avoir fait prospérer. C'est une sage dépense à inscrire au budget, qu'une large allocation pour un établissement dont les fondateurs se sont dit: «Il y a mieux à faire que de réformer: il faut prévenir (4).»
[Note 4: Nous sommes heureux d'apprendre que déjà près de mille souscripteurs se sont fait inscrire, les uns pour des sommes une fois versées, d'autres pour des dons qui se renouvelleront annuellement pendant quatre ans. Les conseils généraux des départements ne peuvent oublier cette institution dans la répartition du prochain budget qu'ils auront à fixer, et le conseil municipal de Paris, qui vient par un vote tout récent d'augmenter le fonds qu'il allouait déjà précédemment pour encouragement à l'amélioration des races de chevaux, ne fera pas moins, nous l'espérons, pour l'amélioration morale de la race humaine.
Outre les souscriptions en argent, des dons en nature ont été également adressés à la colonie naissante. M. Dailly, maître de poste à Paris, lui a envoyé, indépendamment de son offrande pécuniaire, un fort bon cheval de ses écuries; H. Lemarchand, négociant, un lit complet; M. Mugnier, trois chèvres; M. Poinsot, propriétaire de la ferme Chabrol, une ânesse; M. Gandillot, manufacturier, un Christ en bronze et deux beaux lits en fer creux; M. Ottin, curé de Montmartre, un tableau représentant Jésus sur la Croix; d'autres envois sont également parvenus, d'autres enfin sont annoncés.]
Bulletin bibliographique.
Cours complet de Météorologie, de L.-F.. Kaemtz, professeur de physique à l'Université de Malle, traduit et annoté par Ch Martins, professeur agrégé d'histoire naturelle à la Faculté de Médecine de Paris; avec un appendice contenant la représentation graphique des tableaux numériques; par L. Lalanne, ingénieur des ponts et chaussées. 1 vol. in-18 (avec de nombreuses planches), de 600 pages.--Paris, 1843. Paulin. 8 fr.
La météorologie est peut-être de toutes les sciences celle qui offre l'intérêt le plus vif et le plus général. En effet, les phénomènes dont elle donne et dont elle cherche l'explication, frappent incessamment nos sens. Que d'hommes, même lettrés, n'ont aucune idée, par exemple, des principales métamorphoses ou combinaisons des agents chimiques! car ce curieux travail de la nature se fait sans éclat, sans bruit, sans odeur, souvent même il échappe à l'examen le plus attentif. Mais les révolutions de l'atmosphère, petites on grandes, à chaque heure du jour et de la nuit, malgré nous, il nous faut les voir, les toucher, les sentir et les entendre; de plus, elles nous causent des sensations douces ou fortes, agréables ou pénibles; elles exercent sur tout notre être une irrésistible influence. Partout et toujours elles attirent aussi vivement l'attention de l'ignorant le moins curieux d'en connaître les causes et les effets, que celle du savant observateur qui s'efforce sans cesse d'en pénétrer les intéressants mystères.