Quand on a passé les Alpes, il faut les repasser. Quant à nous, nous choisirons de préférence la route du Saint-Gothard, car elle est aussi sûre et commode qu'elle est belle.
«Au sortir du défilé qui termine la première montée, on découvre tout à coup de là l'effet d'un spectacle des plus curieux: c'est la route, dont les contours infinis se développent en serpentant jusqu'au sommet de la montagne.
Les zigzags sont brisés et épars; ils s'échafaudent les uns sur les autres; et, jusqu'à la dernière sommité, on aperçoit des fragments du collier des bouterones. Nous demeurons là en admiration devant l'industrieuse audace des hommes en général, mais surtout des hommes libres, des hommes d'Uri, de ce petit canton qui a su faire avec ses minces ressources un ouvrage aussi beau que celui du Simplon, ce chef-d'œuvre si vanté, si admiré, si célébré et si lithographie. La renommée n'est souvent qu'une vieille folle sans équité.»
Mais on ne trouve pas partout des belles routes de voitures; et souvent la caravane se voit obligée de traverser un pas difficile «et un bout de sentier en corniche large de quatre semelles, incliné sur un précipice à pic, et appuyé contre un rocher qui surplombe.» Grâce à Dieu et à M. Topffer, le danger est heureusement évité, et tous les touristes arrivent sains et saufs à Genève; la bourse commune seule est malade. Nous espérons, quant à nous qu'elle se refera plusieurs fois encore, et qu'un jour ou l'autre, M. Topffer ajoutera un second volume à celui dont nous sommes aujourd'hui l'heureux possesseur.
Somme toute, les Voyages en Zigzag forment le livre le plus agréable à lire et à regarder, le plus moral, le plus richement illustré que la librairie française ait offert cette année aux amateurs des cadeaux du premier jour de l'an, vulgairement appelés étrennes,--bientôt nous dirons pourquoi;--mais il a une place marquée d'avance à un double titre, c'est-à-dire comme texte et comme gravures, dans toutes les bibliothèques d'élite.
Modes.
Ce n'est plus seulement à l'Opéra et aux Italiens que nous pouvons aller chercher des élégantes toilettes; les salons sont enfin ouverts. De tous côtés et partout nous ne voyons que velours, satin, gaze, fleurs et bijoux, tout le charmant cortège des fêtes et de la mode.