La température printanière, qui a duré quelques jours, avait fait éloigner les fourrures; mais voilà ce beau luxe de l'hiver qui reparaît: les petits manteaux cazavecka se garnissent tous de martre ou d'hermine, et, en attendant les grands froids, on cache ses mains dans ses manches, qui sont aussi bordées de fourrures. On fait beaucoup de cazavecka en satin garni d'un piqué pour sortie, de bals et spectacles.
Les capuchons dont on se couvre la tête en attendant sa voilure se font assez coquettement; ce n'est plus une enveloppe disgracieuse qui faisait d'une jolie femme une laide sibylle; c'est un capuchon garni de dentelle encadrant le visage, voilant sans les radier cependant, de beaux yeux qui brillent à travers les fins réseaux de sa garniture. On fait aussi porr la ville des manteaux ornés de velours; en voici un modèle, très-distingué. Au reste, le velours est toujours beaucoup employé: nous le voyons dans les garnitures de robes et de manteaux; dans les costumes d'hommes nous le retrouvons en gilet et en revers aux collets et aux manches de paletots.
On fait pour toilettes du matin de très-jolies robes de drap brodé en soutache et, avec ces robes, on porte un mantelet également en drap brodé, lequel peut ensuite se mettre avec tous les costumes négligés.
Du portera encore les robes de bal faites en tunique. L'année dernière on avait fait infructueusement l'essai de deux jupes de différentes couleurs, car de semblables modes tiennent plus du bal costumé que de la vraie toilette des salons. Ce qui est fort bien porté, ce sont les tuniques blanches rattachées par des fleurs naturelles; des tuniques en tulle ou en crêpe rose, avec des bouquets de fines roses à feuillages de velours places aux manches, au corsage et sur les jupes.
Une jolie toilette de ville se compose d'une robe en satin pékiné rayé gros bleu et noir, ornée de deux volants en dentelle noire posés à plat; d'un chapeau de velours épingle blanc, décoré d'une plume, et d'un cazavecka en velours noir, bordé de martre zibeline;--ou bien encore, d'une robe en moire glacée, ornée de velours posé en tablier, le corsage juste, avec un revers en velours pareil; un chapeau en velours violet, garni de dentelle noire, et un pardessus un levantine, avec un grand collet piqué à l'aiguille.
SOLUTION DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS L'AVANT-DERNIER NUMÉRO.
I. L'opération qu'on appelle donner, au jeu de piquet, revient à distribuer 52 cartes en quatre groupes, deux de chacun 12 cartes, qui sont pris respectivement par chaque joueur, et deux autres groupes, l'un de 5, l'autre de 3 cartes, qui forment ensemble le talon. Le nombre des combinaisons auxquelles peut donner lieu cette distribution en quatre groupes partiels est le quotient de la division de deux nombres très-grands qui sont égaux, savoir: le dividende, au produit de tous les nombres entiers consécutifs, depuis 1 jusqu'à 32; le diviseur, au produit des carrés des nombres entiers consécutifs, depuis 1 jusqu'à 12, par le produit ses nombres 1, 2, 3, 4, 5 et 1, 2, 3.
Tout calcul fait, le quotient se trouve égal à
1 592 814 947 068 800.
A cause de l'énormité de ce nombre, et vu la date assignée à l'invention des cartes à jouer, on s'assure par des calculs bien simples qu'il s'en faut de beaucoup que les cartes aient pu être données au jeu de piquet de toutes les manières possibles. D'ailleurs, comme les mêmes séries de cartes, qui ne différent que par un changement de couleur, ont la même valeur au jeu de piquet, on peut regarder comme identiques les distributions qui ne diffèrent que par une permutation entre les couleurs; ce qui réduit considérablement le nombre des combinaisons distinctes.