--Le nom de Marie-Joseph Chénier est sorti honoré et glorieux de l'épreuve.

Cirque-Olympique.--Dernière scène du Vengeur:
le navire disparaît sous les flots.

Tout le monde connaît le dévouement héroïque du Vengeur; c'est un des plus beaux, faits du nos annales maritimes. Le glorieux événement s'accomplit le 28 mai 1791. Le Vengeur, séparé de la flotte commandée par Villaret-Joyeuse, qui soutenait contre les Anglais un combat terrible; le Vengeur, environné de forces supérieures, désemparé, criblé de boulets, faisant eau de toutes parts, après avoir repoussé deux fois l'abordage; le Vengeur refuse de se rendre; et quand l'heure est venue, quand les canons, arrivés à fleur d'eau, sont près de disparaître, le Vengeur lance aux Anglais une dernière et terrible bordée; puis, tandis que l'équipage crie: Vive la France! vive la République, le vaisseau disparaît lentement dans les flots avec ses combattant héroïques.

Voyez ce drapeau tricolore

Qu'élève en périssant leur courage indompté,

Sous le flot qui les couvre entendez-vous encore

Ce cri: Vive le Liberté!

Telle est la sublime action que le Cirque-Olympique vient de mettre en scène avec la conscience patriotique et l'étonnante vérité qui caractérisent les représentations de ce théâtre militaire.

La mer vue par un clair de lune, la lutte acharnée et la disparition du Vengeur sont deux tableaux d'une grande beauté. Cela émeut, cela donne le frisson, et l'imitation est si heureuse que, les nuages de poudre et les bordées de canon aidant, on pourrait croire qu'on a vraiment affaire à un Océan furieux.