Clarisse leva sur sa tante des yeux inquiets.

«Je la roule depuis deux jours sur mes lèvres, en la retenant comme je peux, et sérieusement je crains qu'elle ne m'étouffe. Voilà près d'une semaine que nous n'avons vu lord Rutland. Est-ce qu'il te boude?»

La chanoinesse regardait sa nièce en dessous, en attendant la réponse.

«On ne boude que ceux qu'on aime, fit Clarisse, comme se parlant à elle-même, et après un moment de réflexion.

--Oh! bien! tranquillise-toi, il te boude!

--Je ne crois pas, ma tante.

--Bah! Est-ce qu'il ne l'aime plus? --Je crains davantage.

--Allons, ne vas-tu pas me faire accroire qu'il te hait?

--Oh! si ce n'était que cela!

--C'est juste, il y aurait de la ressource; mais, alors, tu me fais une peur horrible. Quoi! il ne te hait même pas!