La Belgique monumentale, artistique et pittoresque (2).

Note 2: 80 livraisons à 35 centimes la livraison, formant 2 magnifiques volumes in-8, par MM. A. Baron, et G. Moke, André Van Hassell, Juste. V. Joly, Gausson, Eugène Robin, avec des costumes coloriés, des grandes planches séparées, gravées sur bois, et un nombre considérable de vignettes. Bruxelles, A. Jamar et Ch. Hen, à Paris, Chlendouski, 13, rue du Cimetière-St-André.

Tous les libraires belges ne sont pas des... contrefacteurs, j'allais employer un mot moins parlementaire. Le plus grand nombre continuera, il est vrai, à s'enrichir aux dépens des écrivains et des éditeurs étrangers jusqu'à ce qu'un traité trop longtemps désiré interdise enfin leur honteux commerce; mais d'autres,--c'est un progrès que la presse parisienne doit être heureuse de constater,--ont déjà renoncé volontairement à des bénéfices illicites; quelques-uns enfin essaient depuis quelques années de fonder une littérature nationale; ils éditent des ouvrages originaux, ils font une concurrence honnête et loyale à leurs confrères de Paris et de Londres. Quand je dis essayent, je me trompe, je devrais dire ils ont réussi; un grand et légitime succès a en effet couronné jusqu'à ce jour leurs tentatives. La Belgique entière s'est associé en quelque sorte à cette protestation patriotique contre la contrefaçon. Elle a acheté, malgré leur prix fort élevé pour un pays où les livres se vendent d'ordinaire à si bon marché, cinq ou six mille exemplaires des meilleurs ouvrages écrits ou illustrés par des Belges; le gouvernement seul n'a pas fait son devoir, car il persiste à consacrer à l'achat des livres contrefaits les sommes volées par les chambres pour l'encouragement de la littérature nationale. Parmi les libraires belges qui ont publié des ouvrages originaux, MM. Hen et Jamar méritent sans contredit d'être placés au premier rang. Ces jeunes et intelligents éditeurs achèvent en ce moment leur quatrième livre illustré. Leur début a été des plus heureux. Ils ont d'abord commencé par une Histoire de la Belgique, ornée d'un nombre considérable de gravures sur bois.--A l'histoire de la nation a succédé ensuite, celle de ses grands hommes: les Belges illustres (3 volumes in-8).--Deux nouveaux ouvrages, qui ne sont pas encore terminés, compléteront bientôt ce panthéon national. L'un a pour titre le grand Catéchisme de Malines, il doit renfermer, outre un texte explicatif, des dessins des plus belles productions de l'art religieux belge en architecture, en peinture, en sculpture, en ciselure, en orfèvrerie, en forgeronnerie, etc. L'autre est la Belgique monumentale, artistique et pittoresque qui formera deux magnifiques volumes in-8.

Halle d'Ypres.

Les quatre gravures que publie aujourd'hui l'Illustration ont paru pour la première fois dans ce dernier ouvrage.

La Belgique, comme, tous nos abonnés en pourront juger, possède d'habiles dessinateurs; seulement elle manque encore de graveurs. MM. Ch. Hen et A. Jamar ont été obligés de faire graver quelques-uns de leurs dessins par des artistes anglais, mais les plus beaux et les plus importants ont dû être confiés au talent éprouvé de MM. Andrew, Best et Leloir. Jamais peut-être les graveurs habituels de l'Illustration n'avaient mieux justifié la réputation européenne qu'ils se sont acquise dans leur art.

Hôtel de ville de Gand.

Le premier de ces dessins représente une la halle d'Ypres,--cette ville jadis si célèbre par ses, draps.--Ce monument gigantesque est dominé par le beffroi dont la fondation remonte à l'an 1200. Commencé presque à la même, il n'a pris ses dimensions actuelles que vers la fin du treizième siècle. Jamais, à aucune époque, aucun peuple n'éleva à l'industrie un palais aussi colossal. «Qu'on se figure, disent les auteurs de la Belgique monumentale, quatre ailes inégales, formant un immense trapèze dont le principal côté offre une longueur 133 mètres sur une largeur de 15. La façade présente trois étages: d'abord une galerie voûtée, soutenue par de fortes colonnes, et qui embrasse tout le pourtour de l'édifice; puis une sorte d'entresol, éclairé par des demi-fenêtres gothiques au nombre de plus de quarante; enfin les salles supérieures, dont les belles et hautes fenêtres forment une ligne parfaitement régulière et de l'effet le plus majestueux. Le sommet de la muraille, crénelé comme le rempart d'une forteresse, est décoré de riches ornements qu'a mutilés par malheur une prétendue restauration entreprise en 1822. L'étendue du monument, l'harmonie de ses proportions, son architecture antique et imposante, tout concourt à produire sur le spectateur une impression profonde d'étonnement, d'admiration et quelquefois aussi de tristesse, quand il reporte ses regards sur la place vide et sur la cité déchue.»