Les Stalles de Sainte-Gertrude, à Louvain.

La Belgique monumentale, artistique et pittoresque, renferme, outre un certain nombre de grandes planches tirées à part, une foule de vignettes intercalées dans le texte. Avons-nous besoin de vanter la perfection de ces gravures? Leur mérite n'a-t-il pas frappé tous les yeux? Comme on l'a vu, sans qu'il soit nécessaire de le faire remarquer, la librairie belge, que nous appellerons nationale, lutte glorieusement avec les librairies française et anglaise. Bruxelles ne se contente plus d'imiter Paris et Londres, elle a honte de les voler; elle crée à son tour des ouvrages originaux, elle les illustre avec le luxe, l'intelligence et le goût qui distinguent ses deux rivales.

Hôtel-de-Ville de Bruxelles.

Quand la Belgique monumentale sera terminée, nous accorderons au texte l'attention dont nous espérons le trouver digne. Nous dirons seulement, dès aujourd'hui, que c'est un livre sérieux plein de faits intéressants, qui mérite un examen approfondi, et qui compte parmi ses auteurs les écrivains les plus estimés de la Belgique. Le premier volume commence par une introduction de M. Moke; il se divise en trois parties: les Flandres, le Brabant et la province de Namur. Il contient l'histoire et la description générales de ces trois provinces, l'histoire et la description particulières de Gand, de Bruges, d'Ostende, d'Audenarde, d'Ypres, de Bruxelles, de Louvain et de Namur. Les premières livraisons du second volume sont consacrées au Hainaut.--La France se doit à elle-même d'encourager des entreprises consciencieuses qui auront pour résultat de mettre un terme, avant les traités de commerce, aux terribles ravages du fléau de la contrefaçon étrangère, et de jeter dans un intérêt général les premières bases d'une littérature nationale en Belgique.

Tente de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, ou Tapisserie prise par les Lorrains lors de la mort de ce prince devant leur capitale, en 14777; par M. de Sansonnetti, ancien élève de M. Ingres (3). In-folio de 20 pages, avec 6 grandes planches gravées sur cuivre.

Note 3: Nancy, Grimblot; Paris, Leleux. En noir, 6 fr.; Colorié, 25 fr.

Depuis plusieurs années, l'étude des monuments de notre histoire et de ceux qui témoignent des arts cultivés par nos aïeux s'est propagée de la capitale aux provinces. «La ville de Nancy en offre une preuve irrécusable, dit M. Sansonnetti. Si le peu qui nous reste de ses anciens monuments doit tôt ou tard subir la commune destinée des choses d'ici-bas, ce ne sera pas sans qu'il en reste des souvenirs; et s'ils ne se montrent pas debout aux générations futures, au moins les retrouveront-elles fidèlement dessinés et soigneusement décrits.--Je n'épargnerai rien, ajoute-t-il, pour qu'il en soit ainsi de la tenture qui décore deux salles de la Cour royale de Nancy.»

Dans l'introduction explicative qui accompagne ses six planches gravées, M. Sansonnetti essaie de démontrer que cette tenture très bien réellement «une des dépouilles du petit-fils de Jean sans Peur, et que l'étang glacé de Saint-Jean-du-Vieil-Atre a eu sa part dans l'immense butin semé sur les bords des lacs de Morat et de Neufchâtel.»

L'origine de cette tenture établie, il nous donne quelques détails sur son état actuel, il explique les scènes qu'elle représente; il termine enfin en exprimant le vœu que l'établissement d'un musée lorrain permette de rassembler dans un meilleur ordre ce qui reste de la tapisserie de Charles le Téméraire, et d'exposer plus convenablement qu'un Palais-de-Justice et dans une salle inaccessible au public ces glorieux trophées de notre histoire nationale.