Bélier de Leicester. Bélier de Leicester, portant sa toison.
Cochon nain du comté d'Essex.
Le terme moyen de la gestation est de 288 jours; le plus court pour les vieilles vaches est de 270 jours; et, pour les génisses qui portent pour la première fois, il est de 309; pour toutes, jamais il ne dépasse le 321. Les approches du vêlage se manifestent par l'abaissement des flancs et de la croupe, par la grosseur du pis, par l'agitation de l'animal, et par un écoulement rougeâtre. Dans ce cas, il faut se tenir constamment prêt à donner des secours à l'animal, si cela devient nécessaire; mais il faut bien s'en garder, si l'accouchement est naturel; et, dans ce cas, on doit rester tranquille spectateur. La plus grande propreté doit régner autour de la vache. Non-seulement on renouvelle la litière, mais encore on en augmente la masse, et on en met beaucoup plus sous les jambes de derrière, afin que cette partie du corps soit plus haute que celle de devant. Si l'on est en hiver, l'étable est tenue fermée; si c'est, au contraire, en été, l'on donnera beaucoup d'air; dans l'un et l'autre cas, les Anglais se gardent bien de couvrir la vache, comme cela se pratique dans quelques parties de la France, en Flandre et ailleurs.
Il arrive parfois que la vache fait deux veaux. On ne lui en laisse qu'un à l'instant même, si on tient à avoir une belle bête de race. Dans le cas contraire, on les lui laisse tous deux pendant trois semaines seulement. Dès les premiers moments de sa naissance on évite de toucher le veau, s'il n'y a pas une nécessité absolue, car le moindre effort qu'il ferait pour échapper aux attouchements pourrait compromettre sa croissance, et les Anglais insistent beaucoup sur ce point. Du reste, on lui donne les soins ordinaires, comme chez nous.
Le Cochon croisé. Truie croisée anglaise.
Un abus qui existe chez beaucoup de nos fermiers, et qui a même été préconisé par la plupart de nos auteurs, consiste à séparer le veau de sa mère. Les éleveurs, de l'autre côté de la Manche, ont renoncé à se procurer ainsi un peu de lait et de beurre aux dépens du jeune animal; ils le laissent libre de prendre le pis aussi souvent et aussi longtemps que la nature le demande. Ils savent très bien que plus le veau tète plus il acquiert de force et de taille; aussi ne le sèvrent-ils que beaucoup plus lard que nous, surtout si c'est un taureau qu'ils veulent élever, ou une génisse de race. Ils le placent dans une étable sèche et chaude, avec beaucoup de litière en hiver, parce que le veau craint également le froid et l'humidité.
Quand il s'agit de le sevrer, ils commencent à l'habituer à boire du lait écrémé, tiède, dans lequel ils délaient un peu de farine et du son; puis ils remplacent cette boisson par une nourriture un peu moins liquide, dont la pomme de terre, cuite fait la base; viennent ensuite les turneps coupés en tranches bien minces; et, enfin, l'herbe; mais on a soin alors de lui donner, soir et matin, un peu de paille fraîche d'orge ou d'avoine, légèrement battue ou hachée, et aiguisée avec du sel. L'animal ne tarde pas à se nourrir comme les autres bœufs, seulement on ne lui épargne pas la nourriture, parce que, plus elle est abondante et de bonne qualité, plus le veau prend d'accroissement.
Voici des remarques qui ont été faites; la farine de fèves, de pois ou d'avoine, délayée dans l'eau, fait contracter au veau un ventre pendant, l'animal devient court, mal bâti, et ne tarde pas à mourir.. Les pois gris lui donnent une chair blanche; le blé crevé dans du lait rend sa chair rouge; l'orge lui donne le dévoiement.