Don Graviel l'Alférez.
FANTAISIE MARITIME.
(Suite.--Voir page 39.)
II.
La veille de Noël, tous les officiers de la frégate voulurent aller passer la nuit à terre, car, après la messe, le gouverneur devait donner à toutes les autorités civiles et militaires un réveillon suivi d'un grand bal, qui se prolongerait jusqu'au jour. Don Graviel et son ami Fernando se chargèrent seuls du service à bord de la Santa-Fé.
Vers minuit, toutes les cloches de la ville commencèrent à carillonner à qui mieux mieux; les rues, sillonnées par des milliers de torches, semblaient embrasées; l'obscurité n'en était que plus épaisse dans la baie de la Havane. Les trois chefs de complot se tenaient à l'arrière de la frégate.
«Les armes sont-elles dans la chaloupe? demanda don Graviel au contre-maître Brombollio.
--Oui, capitaine.
--Eh bien! fais embarquer tous nos gens sans bruit; combien sont-ils en tout?
--Cinquante; je n'ai pas pu en prendre un de moins, tous des amis, des matelots achevés, des enragés premier choix.