Banc des Ministres, à la Chambre des Députés.

Académie des Sciences.

COMPTE RENDU DES SECOND ET TROISIÈME TRIMESTRES DE 1843.

(Voir t. I, p. 217, 234, 258; t. II, p. 182, 198, 346 et 391.)

V.--Technologie, mécanique appliquée et arts économiques.

Machines à vapeur.--M. Combes, ingénieur en chef des mines, auquel on doit la première publication des dessins des célèbres machines à détente de Cornouailles, en 1834, a discuté de nouveau des observations relatives au mode suivant lequel la vapeur y agit, et il a déduit des faits observés par lui les conséquences suivantes: 1° dans la plupart des machines à vapeur, et probablement dans toutes, une partie de la vapeur admise dans le cylindre se liquéfie immédiatement par l'action refroidissante des parois du cylindre; il y a en outre de l'eau qui est entraînée à l'état liquide; 2º l'eau liquéfiée se vaporise de nouveau pendant, la détente de la vapeur, et cet effet se produit le mieux possible, quand les cylindres sont baignés par la vapeur de la chaudière, circulant dans une enveloppe, et que l'espace occupé par la vapeur, après la détente, est deux ou trois fois égal à son volume primitif; 3º dans les machines d'épuisement à simple effet de Cornouailles, convenablement disposées et chargées, le travail utile réalisé par kilogr. d'eau vaporisé dans les chaudières, est de 32 tonnes (poids de 1 000 kilogr.), élevées à 1 mètre de hauteur. Dans les machines de Boulton et Watt, le travail utile n'est guère que de 13 à 14 tonnes élevées à 1 mètre par la même quantité d'eau vaporisée; 4° aucune des formules proposées jusqu'ici pour le calcul de l'effet d'une machine à vapeur ne tient compte de la liquéfaction et de la vaporisation successives dans le cylindre.

Les causes des explosions des chaudières à vapeur sont encore enveloppées d'une obscurité qui ne sera probablement pas complètement dissipée de longtemps. Cependant la plus active dans ce genre d'explosion subite, que l'on appelle fulminante, paraît être le phénomène désigné aujourd'hui sons le nom de caléfaction, et qui consiste en ce que la vaporisation de l'eau sur une surface métallique chauffée au delà d'un certain degré, décroît rapidement au lieu d'augmenter. Tout le monde peut répéter une expérience curieuse à ce sujet. Ou prend une cuiller à café, on la chauffe fortement à la flamme d'une lampe ou d'une bougie, et on y projette quelques gouttes d'eau avec le doigt. Cette eau formera une grosse goutte arrondie qui ne se vaporisera que très-lentement. Si on retire la cuiller du feu, et qu'on la laisse un peu se refroidir, il arrivera un moment où l'eau se vaporisera tout à coup en faisant une petite explosion, quoique non renfermée.

M. Sorel, dans un mémoire où il a rappelé ce phénomène déjà connu, a indiqué comme les meilleurs moyens pour éviter la caléfaction, et par conséquent, les explosions fulminantes, l'emploi: 1° d'un métal fusible appliqué au fond du générateur; 2º de l'argile, ou mieux encore de l'alun, ou du borax dans la chaudière; 3° de bons appareils alimentaires pour que l'eau ne manque pas dans la chaudière, et d'appareils d'avertissement pour donner l'éveil lorsque le niveau y descend trop bas.

Travaux de sondage.--Pour donner une idée de l'importance de cette industrie, il suffira de rapporter les résultats que M. Degousée a communiqués à l'Académie. Du 1er octobre 1828 au 1er juillet 1843, cet ingénieur a exécuté 208 sondages formant un total de 17 266 mètres, ayant coûté la somme tolale de 1 123 745 fr., ce qui établit un moyen de 65 fr. 09 c. par mètre, dans lequel la fourniture des tuyaux de retenue et d'ascension entre pour 25 fr., ce qui réduit le prix moyen de forage à 40 fr. 9 c.