L'examen le plus rapide amène donc cette conclusion, que pour ranimer la rive gauche, pour la faire participer au mouvement général de la cité parisienne, il faudrait modifier profondément sa constitution primitive, et rattacher au reste de la cité par les liens d'une circulation commune.

Il est évident que tous les projets de voirie étudiés pour remédier à l'appauvrissement relatif de la rive gauche devraient avoir pour objet de guérir cette infirmité native, et de la relier à la rive droite. C'est évidemment dans ce but, et pour soulager la rue Dauphine, qu'on a successivement étudié les moyens d'élargir et de déboucher la rue de Nevers, et de régulariser les rues de Seine et Mazarine, même au prix des pavillons de l'Institut, qu'il eut fallu abattre.

Les projets n'eussent été que d'une médiocre utilité, tant que la rue de Seine aboutira à la passerelle appelée pont des Arts. La circulation active et réellement profitable aujourd'hui est celle des voitures, et un pont de piétons n'est qu'une insuffisante ressource.

Le projet le mieux conçu qui ait encore été présenté pour ce quartier, à notre connaissance, est celui de M. le comte Léon de Laborde. M. de Laborde propose une grande voie publique qui, partant de Saint-Sulpice, ou du carrefour Sainte-Marguerite, viendrait aboutir sur le quai entre la Monnaie et l'Institut, traverserait la Seine sur un pont à voiture et communiquerait avec la rue Saint-Honoré et les Halles par la place du Louvre et la rue de Poulies, convenablement élargie.

L'exécution de ce projet ne présenterait pas toutes les difficultés que son étendue paraît d'abord indiquer. Une partie du parcours de la nouvelle rue trouve formée par la rue ou plutôt ruelle de l'Echaudé, qu'il suffirait d'élargir. Du côté du quai, l'impasse Conti forme une seconde partie du tracé; il ne resterait donc que le pâté intermédiaire à percer. Au delà de la Seine, la place du Louvre, la rue des Poulies, etc., n'ont besoin que d'être régularisées.

Il semble d'ailleurs que le projet de M. le comte de Laborde se lie heureusement avec ceux qui sont à l'étude pour l'agrandissement de la Monnaie et les améliorations que réclament les bâtiments de l'Institut. Ils doivent se servir mutuellement et se combiner pour arriver à un ensemble qui satisfasse également les besoins de la circulation et l'embellissement des monuments publics.

A notre avis, ce projet mérite l'attention la plus favorable de l'administration. Sans doute le percement du pâté de propriétés particulières compris entre la rue de Seine et la rue Mazarine d'abord, ensuite entre cette dernière rue et l'impasse Conti, puis la construction d'un pont si près du pont Neuf, dans la plus grande largeur de la Seine, donneront lieu à des dépenses considérables; mais l'utilité en est évidente, les résultats en seront immédiats, et nous pensons que les propriétaires de la rive gauche, sentant le besoin qui les presse, viendraient en aide à cette entreprise, dont il paraîtrait que le conseil des bâtiments civil a déjà approuvé les dispositions.

Nouvelles Recherches sur un petit Animal très-curieux (1).

(PREMIER ARTICLE.)

Note 1: Cet ouvrage est sous presse en ce moment, et sera publié par madame Arthus Bertrand, éditeur, rue Hautefeuille, qui a bien voulu mettre à notre disposition les documents que nous nous sommes empressés de communiquer à nos abonnés.