Notes historiques sut les tremblements de terre, par M. Percy. L'auteur travaille depuis longtemps à un catalogue général des tremblements de terre; il extrait de son ouvrage la liste de ceux qui ont été ressentis aux Antilles. En voici le résumé par siècle: dans le dix-septième, 9; dans le dix-huitième, 13; dans le dix-neuvième, 108; en tout, 160. Il ne faudrait pas se hâter de conclure, ainsi que l'auteur le fait judicieusement remarquer, que les tremblements de terre deviennent de plus en plus fréquents: seulement on les note avec plus de soin, surtout depuis la paix. Il faut donc se borner, pour le moment, à enregistrer les nombres sans en tirer encore aucune conclusion prématurée. Un tremblement de terre dans les Antilles consiste rarement en une seule secousse; ce sont, au contraire, de nombreuses secousses qui se succèdent à des intervalles plus ou moins rapprochés. Ainsi il résulte des documents envoyés à l'Académie, par M. le ministre de la marine, que, du 8 février 1813, à 10 heures 49 minutes du matin, heure à laquelle la ville fut détruite, jusqu'au 31 mai, il y eut 90 secousses fortes ou faibles.

M. Percy s'est occupé de savoir quel était le mode de distribution des 926 tremblements de terre dans les différents mois des années comprises cuire 1801 et 1843. Voici ses résultats;

Janvier, 99. Juillet, 74.
Février, 100. Août, 78.
Mars, 92. Septembre, 72.
Avril, 59. Octobre, 92.
Mai, 55. Novembre, 60.
Juin, 55. Décembre, 78.

En se bornant à l'Europe, il trouve encore que c'est pendant l'hiver que les tremblements de terre sont les plus fréquents. L'auteur examine ensuite la direction des tremblements de terre, leur simultanéité à de grandes distances, les phénomènes météorologiques qui les ont accompagnés; ses conclusions sont les suivantes:

1º La cause des tremblements de terre, quelle qu'elle soit, se trouve à de très-grandes profondeurs dans l'intérieur du globe;

2º Elle n'est pas unique, ou au moins elle ne manifeste pas un mode d'action toujours identique, soit par rapport au temps, soit par rapport aux lieux, soit même relativement à ses effets;

3º Les effets des tremblements de terre ne sont pas toujours uniquement dynamiques;

4° Ils sont quelquefois accompagnés de phénomènes chimiques, électriques ou électro-chimiques, lesquels, en général, ne peuvent être considérés comme cause des commotions souterraines;

5° Les commotions, enfin, donnent souvent lieu à des dégagements de gaz ou d'autres fluides, lesquels paraissent produire, dans certaines circonstances, des phénomènes météorologiques, soit de lumière, soit d'un autre genre, par exemple, de chaleur ou de vapeur d'eau.

Température des eaux fournies par le puits artésien de Neu Salzwerk, en Westphalie, par M. de Humboldt.--Ce puits a été percé dans le but de rechercher une couche de sel gemme. Il traverse le Keuper et le Lias, et a été poussé jusqu'à la profondeur de 644 mètres, ou 562 mètres au dessous du niveau de la mer. Les températures obtenues sont les suivantes;