PROFONDEUR. TEMPÉRATURE.
A 301 mètres, 21,5 C.
315 22,9
327 27,5
622 31,2
644 34,9
Le puits de Grenelle a donné à MM. Arago et Walferdin un accroissement d'un degré pour 32 mètres. Le trou de sonde du Neu-Salzwerk donne 29m, 2. A Pregny, près Genève, M. de la Rive avait trouvé 29m,6. On voit que ces résultats concordent suffisamment. Leurs différences s'expliquent par la nature du sol, son élévation au-dessus de la mer, la température du lieu et les thermomètres mis en usage.
VIII--Météorologie.
Mémoire sur l'hygrométrie, par M. Blondeau de Carolles.--L'auteur annonce avoir construit un hygromètre dont il ne donne pas lu description; puis il dit avoir été conduit, par l'observation, à une loi qu'il formule de la manière suivante: «La marche de l'humidité de l'air varie en sens inverse de la marche du soleil; à mesure que cet astre s'élève sur l'horizon, l'humidité diminue; elle augmente, au contraire, à mesure qu'il s'abaisse: le minimum a lieu exactement à midi, le maximum à minuit.» L'auteur aurait du ajouter s'il entend par humidité la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air à une certaine température, comparée à celle qui est nécessaire pour le saturer (humidité relative), ou bien s'il s'agit de la quantité absolue de vapeur d'eau que l'air contient (humidité absolue). S'il applique sa loi à l'humidité relative, sa loi n'est pas exacte. En effet, une série de huit ans, faite à Halle par M. Kaemtz, fait voir que le maximum de l'humidité relative est le matin avant le lever du soleil, le minimum dans l'après-midi à une heure variable, suivant les saisons. Les séries de MM. Neuber à Apenrade et Kupffer à Pétersbourg confirment pleinement ce résultat, qui s'explique beaucoup mieux par les influences calorifiques du soleil que celui de M. Blondeau de Carolles(1). Si les choses se passaient comme le dit cet auteur, il faudrait chercher ailleurs la cause des variations de l'humidité.
Note 1: Voyez Kaemtz, Cours complet de Météorologie, p. 80.
Le même physicien a étudié les lois de la tension de la vapeur entre 7º et 10º centigrades; il a trouvé que les nombres de Dalton étaient trop forts. Ce résultat est exact, mais il n'est pas nouveau. En effet, pour la tension de la vapeur d'eau à zéro. Dalton avait trouvé 5mm,04; Kaemtz, seulement 4mm,58; M. Riot, 3mm,90; Egen, 5mm,06; August, 4mm,67; et enfin M. Lamé, 5mm,0.
Il m'a toujours semblé qu'avant de communiquer des résultats à l'Académie, il faudrait s'enquérir s'ils sont réellement neufs et bien établis. Ceux-ci n'ont nullement ce caractère, car la loi de la variation diurne de l'humidité est déduite de quelques mois seulement, espace de temps tout à fait insuffisant pour la mettre en évidence; et le second résultat était connu depuis longtemps.
Faits pour servir à la théorie de la grêle, par M. Fournet.--Quelles sont les causes qui font que les gouttes de pluie se congèlent, tantôt sous forme de grêle, tantôt sous celle de neige ou de grésil? C'est une question que la météorologie n'a pas encore résolue. Le fait rapporté par M. Fournet est donc très-important. Le 6 août 1842, un nuage s'étendit sur tout le pays qui environne la commune de Clichy; il donnait de la grêle par sa partie moyenne et de la neige par ses extrémités; les habitants entendirent en même temps une espèce de mugissement, inexplicable par tout autre cause que par un bruit particulier provenant du nuage. Un bruit analogue a déjà été signalé par beaucoup de savants, et entre autres par M. Peltier.
Note sur le coup de tonnerre qui a frappé la cathédrale de Strasbourg le 10 juillet 1843.--Une économie mal entendue s'était toujours opposée à ce que la tour de la cathédrale de Strasbourg fût préservée de la foudre par un paratonnerre. Le 14 août 1833, vers quatre heures du soir, la tour fut foudroyée trois fois pendant un violent orage. Le troisième coup l'illumina presque tout entière. Le plomb, le fer, le cuivre, le mortier, le grès lui-même furent brûlés ou fondus en plusieurs endroits; les marteaux furent soudés à quelques cloches, et l'on eut beaucoup de peine à les détacher; des pierres furent lancées dans la rue, et la réparation du dégât s'éleva à plusieurs milliers de francs.
Alors on se décida à lever un paratonnerre avec quatre conducteurs communiquant entre eux, dont l'un passe derrière la boutique d'un ferblantier pour se rendre dans un puits ainsi que les autres. Les frais de l'établissement s'élevèrent à 15,000 fr.; mais les dégâts causés auparavant par la foudre étant environ de 1,000 fr. par an, on peut les considérer comme peu importants. Le 10 juillet 1843, un violent orage éclate sur la ville, une traînée lumineuse sillonne le conducteur et pénètre dans la boutique du ferblantier par la porte qui donne sur la place, éclate en une grande flamme contre des barres de fer placées contre le mur sans blesser aucune des sept personnes réunies dans l'atelier. Cette déviation du fluide s'explique par la présence d'un tas de débris de fer et de plomb qu'on avait accumulés au pied de la tour dans le voisinage du conducteur. Les conducteurs ne présentaient point de trace du passage de la foudre; mais le cône de platine formant la pointe du paratonnerre était fondu sur une longueur de 5 ou 6mm. M. Finck a vu le second éclair arriver horizontalement, et se recourber pour atteindre la pointe du paratonnerre; les zigzags de la ligne lumineuse étaient peu prononcés; elle avait environ 50 mètres de long.