La banque de France vient d'adopter une mesure sans profit sans doute pour elle, mais qui offrira des facilités réelles au public: c'est la création de billets de 250 francs. Cet établissement a compris que le privilège dont il jouit, les avantages qui lui sont assurés, lui imposent la condition de ne pas toujours envisager uniquement ses intérêts, mais de tenir compte aussi des besoins et des convenances du commerce et des citoyens. On a beaucoup parlé de l'abaissement du taux de ses escomptes. On s'occupe beaucoup aujourd'hui de la nécessité de réduire l'intérêt de la rente 5 pour 100. Ces deux mesures seront-elles prises en même temps et doivent-elles être prochaines?

L'Académie des Sciences n'avait pas, elle, comme sa sœur l'Académie française, à disposer de deux fauteuils, mais seulement de deux brevets de membres correspondants, l'un dans la section de zoologie, l'autre dans la section de chirurgie. M. Charles Bonaparte, prince de Canino, a été élu dans la première; M. Brodie, de Londres, dans la seconde.

L'ouverture du cours de M. Quinet a eu lieu mercredi dernier, au Collège de France, en présence d'un auditoire plus nombreux que l'amphithéâtre ne pouvait le contenir. Ceux qui ont pu assister à cette leçon de l'excellent professeur ont été témoins aujourd'hui du plus grand succès que la pœsie ait jamais obtenue dans une assemblée.

Le 8 de ce mois, le roi de Suède, Bernadotte dont l'Illustration a tout récemment donné un article, a succombé à l'attaque apoplectique contre les effets de laquelle sa vigoureuse organisation a lutté pendant six semaines. Son fils a immédiatement pris les rênes du gouvernement.--Plusieurs journaux ont annoncé la mort de M. Pradt à l'âge de quatre-vingt sept ans. Ils auraient pu ajouter pour épargner toute confusion à leurs lecteurs que le défunt était l'oncle du fameux abbé de Pradt, ancien archevêque de Malmes, mort lui-même en 1837.--La tombe s'est également fermée sur le lieutenant-général Papol dont la vie militaire a été éclatante et bien remplie, et sur un des plus braves de l'empire, sur un des cœurs les plus pourvus de nobles et généreux sentiments, le colonel de Rocqueville, qui s'est éteint, épuisé par les souffrance que de profondes blessures lui avaient léguées. Que sa mémoire reçoive aujourd'hui nos regrets! Mais nous rendrons un autre hommage à ces deux vieux débris d'une époque de gloire.

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Riches broderies
N'égaleraient pas
L'herbe des prairies
Que foulent mes pas.
Couronne de reine
Cache bien des pleurs.
Je garde sans peine
Couronne de fleurs
Je garde sans peine
La couronne de fleurs.
2e COUPLET
Je suis sans noblesse
Sans fief sans trésor
Mais j'ai la jeunesse
Qui vaut mieux encor.
Couronne de reine
Cache bien des pleurs
Je garde sans peine
Couronne de fleurs
Je garde sans peine
La couronne de fleurs.
3e COUPLET
Noble demoiselle
Pâlit nuit et jour
A l'ombre cruelle
D'un royal amour.
Couronne de reine
Cache bien des pleurs
Je garde sans peine
Couronne de fleurs.
Je garde ans peine
La couronne de fleurs.
Procédés d'E. Duverger.

Chemins de Fer.

Nous avons donné l'année dernière (page 123, tome 1er) aux lecteurs de l'Illustration un aperçu de la loi du 11 juin 1842, qui a été comme l'inauguration de la construction des chemins de fer en France, ou qui, tout au moins, a servi à dégager la question de ces grandes voies de communication des nuages qui l'obscurcissaient. Elle a fixé les esprits indécis et a mis un terme aux doléances et aux exagérations des partisans exclusifs, soit de l'État, soit des compagnies. On se rappelle le principe et le mécanisme de cette loi, que nous avions résumés ainsi: «Cession des terrains par les communes, construction par l'État, exploitation par les compagnies; fortune locale, fortune générale, fort une privée: tels sont les trois éléments mis en jeu pour arriver à la réalisation d'une des plus grandes œuvres des temps modernes.» Telles étaient, du moins à l'époque où nous écrivions ces lignes, les conséquences, acceptées à peu près par tous, de la loi du 11 juin. L'administration des ponts et chaussées trouvait à appliquer son personnel, le corps le plus savant et le plus habile constructeur de l'Europe; et l'industrie privée arrivait, avec ses capitaux et son génie commercial, imprimer la vie et le mouvement à ces grandes constructions. Dans ce temps-là, l'esprit public paraissait satisfait, on était généralement content de la part faite à chacun; il semblait sage et utile à la plupart que l'industrie ne fût pas livrée à ses propres forces, que l'administration ne se mêlât pas à l'exploitation autrement que pour la réglementer. L'intérêt du public qui voyage paraissait suffisamment sauvegardé. En un mot, cette loi comme toutes les lois de transactions venues après de longs débats, avait calmé les esprits et fait naître de grandes espérances; et nous devons avouer que, pour notre part, nous vous été un des plus chauds partisans de cette transaction, et nous l'avons regardée comme le commencement d'une ère nouvelle, pour la prospérité industrielle et commerciale de la France.

Aujourd'hui la question est encore une fois pendante; les agitations renaissent, les discussions s'enveniment, le principe consacré par la loi du 11 juin est violemment battu en brèche, et sera probablement renversé. Pourquoi? que s'est-il donc passé depuis un an qui ait pu ainsi agir sur l'opinion? quels faits nouveaux se sont révélés? quels dangers ont été signalés? comment l'administration a-t-elle regagné tout le terrain qu'elle avait perdu depuis son échec devant les Chambres en 1838? La question des canaux est-elle vidée? l'exploitation des petits chemins de fer de Lille et de Valenciennes a-t-elle donné des résultats bien remarquables?