Les principaux traits de cette étude approfondie sont exprimés par une série de figures dont l'explication simplifiera et facilitera considérablement l'intelligence des faits nombreux et pleins d'intérêt qu'elle embrasse.
Le premier individu figuré à côté porte en même temps un œuf qui commence à se former à la base du pied, et un bourgeon naissant situé un peu plus haut; l'œuf est toujours jaune, même au premier moment de son apparition. La substance globulineuse qui s'agglomère sur ce point est située outre les deux peaux. Elle produit une tumeur d'abord peu saillante et à base élargie, qui ne communique point avec la cavité de l'estomac. On distingue ainsi facilement, à la vue simple, et encore mieux à la loupe, cette première différence bien tranchée entre l'œuf et le bourgeon.
La deuxième figure représente une deuxième hydre qui ne porte encore qu'un seul œuf, toujours à la base du pied, et en même temps un bourgeon exceptionnel. Cet œuf et le bourgeon sont un peu plus avancés dans leur développement, et saillent davantage au-dessus du niveau de la peau externe.
Dans le troisième individu, on voit toujours sur le même endroit du corps un bourgeon très-avancé dans son développement, et un seul œuf qui forme une tumeur encore plus saillante. Cette tumeur distend beaucoup la peau externe de l'animal, qui sera bientôt déchirée et ouverte pour laisser sortir l'œuf.
La quatrième hydre, qui avait été colorée en rouge, porte en même temps deux œufs, qui se sont encore formés à la base du pied. L'un de ces œufs, soulève encore la peau de l'animal, dont la déchirure est imminente, tandis que l'autre, qui s'est formé sur le point du corps de la mère, diamétralement opposé au premier œuf, ne s'est montré qu'après lui, et n'est encore arrivé qu'au tiers de sa formation.
La cinquième figure représente un fragment de tige de ceratophyllum (plante fluviatile) sur laquelle sont posées trois hydres, dont la plus grande porte autour de la base du pied quatre œufs disposés en croix. Trois de ces œufs peuvent être vus, et l'on reconnaît que celui de droite a déjà déchiré la peau de la mère, qui, s'étant retirée et contractée, forme, au-dessous de cet œuf encore continu, un bourrelet, auquel Roesel donnait le nom de piédestal de l'enflure. Cet observateur considérait cet œuf comme une maladie du polype. Une deuxième hydre, vue en dessus, dont on ne distingue plus les bras, se meurt entourée des quatre œufs qu'elle a pondus et agglutinés autour d'elle. La troisième hydre, fixée sur la lige de ceratophyllum, est vue de profil; ses bras sont très-raccourcis; elle n'a autour d'elle que deux œufs, qu'elle a agglutinés sur la plante. A côté de la grande hydre est encore représenté un petit fragment de tige de ceratophyllum, auquel était agglutiné un seul œuf.
Cette série des cinq premières figures est destinée à exprimer les aspects divers sous lesquels se présentent les hydres qu'on recueille à la campagne sur la fin d'octobre et dans le courant de novembre, et qui se reproduisent régulièrement à cette époque de l'année par des œufs toujours formés successivement à la base du pied, autour de laquelle ils adhèrent plus ou moins longtemps. Ces œufs ne se sont point montrés épineux sur les hydres des environs de Paris. Quelquefois ils se détachent, du corps de la mère et tombent au fond de l'eau, ou bien l'hydre qui les a pondus les agglutine autour de son corps par un procédé que nous décrirons bientôt.