2° Celles qui n'avaient que des pustules n'ont rien produit, et n'ont point cherché à se rapprocher de celles qui ne portaient que des tumeurs jaunes destinées à devenir des œufs féconds. Un peut produire à volonté, dans toutes les saisons, le développement des pustules, qui sont réellement une maladie des hydres, dont elles guérissent presque toujours. Un individu figuré à côté porte de ces pustules en voie de guérison. L'une de ces tumeurs va se transformer en bourgeon. Chez l'individu dont la figure suit, la guérison des pustules est encore plus avancée. L'auteur n'a jamais vu des œufs se former sur le lieu même de ces pustules en voie de guérison;
3º Les hydres, qui portaient en même temps des pustules et des œufs, se sont comportées comme des mères atteintes d'une maladie qui ne les empêche pas de produire des œufs moins nombreux seulement, qui même, dans plusieurs cas, n'étaient pas féconds. L'auteur a mis le plus grand soin à s'assurer qu'aucune de ces tumeurs ne réunissait en même temps le fluide corpusculifère des pustules et la substance jaune qui constitue les œufs, ce qui ne permet pas de croire que le point du corps d'une hydre qui produit un œuf serait en quelque sorte hermaphrodite, c'est-à-dire une sorte d'organe bisexuel transitoire.
La deuxième série des quatre figures que nous venons d'expliquer suffit pour indiquer toute l'importance de l'expérience qui fait recouvrir tout le corps des hydres des deux sortes de tumeurs au moment de leur reproduction par œufs, et l'importance plus grande encore de la solution des questions curieuses que cette expérience a dû soulever.
Voici maintenant comment une hydre mère, non atteinte de la maladie pustuleuse, et dont tout le corps recouvert en novembre d'un très-grand nombre d'œufs de diverses grandeurs, se conduit pour les déposer et les agglutiner aux divers corps sous-fluviatiles sur lesquels elle est placée au moment de la ponte.
La première figure placée ci-dessous représente une de ces mères recouverte d'œufs depuis la base du pied jusqu'au haut du corps, qui, observée pendant que son corps est encore allongé, montre neuf œufs visibles dans cette position, encore espacés et éloignés du lieu sur lequel ils seront déposés.
Le deuxième individu qui suit, qui avait été coloré en rouge, est encore une mère couverte d'œufs qui sont déjà moins espacés et moins éloignés du sol, parce qu'elle commence à se contracter et à se baisser pour les déposer.
Les trois autres figures qui suivent expriment trois principaux aspects de ces hydres-mères, qui, contractant de plus en plus leurs bras et leurs corps, élargissent en même temps leur pied, sou la substance agglutinante et brune auquel sont déposés les œufs de moins en moins espacés et tous ramenés à peu près au même niveau. Dans deux de ces figures les hydres mères sont vues de profil. La troisième représente une vue en dessus. Ces hydres-mères ne tardent pas à mourir ainsi entourées d'un cercle d'œufs agglutinés autour d'elles.
Il arrive pourtant quelquefois, lorsque le nombre des œufs pondus n'est pas trop considérable, il arrive, dit auteur, que l'épuisement produit par ce genre de reproduction ne détermine pas immédiatement la mort de l'hydre mère, et il a eu l'occasion d'en observer quelques-unes qui, après avoir pondu deux, trois, quatre ou cinq œufs, se sont encore relevées et ont été se placer dans un autre lieu non éloigné.