Les deux figures placées à côté représentent des hydres mères de grandeur naturelle, dont l'une, encore placée autour de ses œufs, s'est relevée en allongeant son corps et ses bras, tandis que l'autre, après s'être allongée, s'est un peu éloignée de son entourage d'œufs. Celle-ci offre une particularité remarquable en ce qu'elle a poussé au bas du corps un bourgeon qui s'est transformé en un deuxième pied aussi long que le premier. Ces deux hydres mères ont vécu encore plusieurs jours, mais elles ont fini par mourir.
D'après un très-grand nombre d'observations, les œufs toujours jusqu'ici non épineux, qui ont été fournis par les hydres recueillis aux environs de Paris, ont dû être distingués, comme les bourgeons, en œufs normaux, c'est-à-dire formés à la base du pied, et en œufs exceptionnels qui se forment sur tous les points du corps, depuis sa base jusqu'aux environs de la bouche. L'auteur n'a jamais vu des œufs exceptionnels succédant à des pustules et correspondant aux bourgeons exceptionnels développés sur le siège même de chacune des tumeurs pustuliformes après leur guérison.
Pour compléter cette histoire si intéressante de l'œuf du polype d'eau douce, il faut avoir égard aux formes véritablement épineuses qui ont été bien constatées par Roesel, qui a donné des figures de ces œufs recouverts d'épines droites, il par M. Ehrenberg, qui les représente comme étant recouverts d'épines bifurquées à leur sommet. Ces deux sortes le formes épineuses des œufs de l'hydre sont exprimées par les figures de ces deux auteurs, qui sont ici à l'appui du texte.
Lorsqu'un œuf non épineux, fraîchement pondu, est observé sous le microscope, il se présente sous forme d'une substance plastique globulineuse, enveloppée d'une pellicule fine. Dans le cas où l'un de ces œufs non épineux se montre, plusieurs jours après la ponte, revêtu d'une coque brune jaunâtre par la condensation de sa pellicule extérieure, et lorsqu'on le fait crever sous le microscope, on en voit sortir la substance globulineuse translucide qu'il contient.
Les figures à côté expriment l'aspect de l'œuf fraîchement sorti de la peau, et celui d'un autre œuf pondu depuis quelques jours et écrasé pour en étudier la coque et le contenu.
Mais, de toutes les parties de l'histoire de l'œuf du polype d'eau douce, celle qui nous a paru la plus intéressante est sans contredit l'élude microscopique de cet œuf, qui, dès le premier moment de son apparition, n'est qu'un petit amas de substance plastique étendue en nappe entre les deux peaux, et qui ne forme une tumeur hémisphérique (V. la figure) que lorsque cet amas de substance plastique a acquis environ le quart ou le tiers de la grosseur qu'il aura plus tard. Cet œuf est donc primitivement sans forme, et ne devient graduellement sphérique (Voyez la 2e figure à côté) qu'en s'approchant du moment de la ponte. C'est en observant bien attentivement sous le microscope cet œuf depuis le premier moment de sa formation jusqu'à celui de son expulsion du corps de la mère, qu'il fallait démêler l'existence d'une vésicule primordiale contenant la tache du germe et entourée d'une autre substance; mais l'observation la plus attentive et réglée un très-grand nombre de fois n'ayant pu permettre de voir qu'une seule substance homogène et globulineuse, l'auteur des nouvelles recherches s'est cru fondé à en conclure que toute cette substance est elle-même le véritable germe qui n'a pas besoin d'une deuxième et d'une troisième substances pour son développement. L'aspect de l'œuf, étudié microscopiquement, est ici rapproché de celui d'une tumeur pustuliforme dont la base est toujours large, et dont le sommet percé laisse sortir les corpuscules en mouvement; on peut ainsi bien reconnaître les différences qui existent entre les œufs et les pustules.