Depuis la publication de cette note, M. Pacini a écrit de Pise pour réclamer la priorité de la découverte de ces organes qu'il a décrite en 1840 et qu'il considère comme des dépendances du système nerveux. Il les a rencontrés chez plusieurs mammifères et chez l'homme, sur les nerfs de la vie animale aux mains, aux pieds comme dans le mésentère sur les nerfs de la vie organique. M. Henle, de Zurich, les a également observées chez le chat comme M. Lacauchie et antérieurement à lui. Il partage les opinions de M. Pacini sur la nature de ces organes.

M. Flourens, en présentant à l'Académie un mémoire sur la moelle épinière par M. Misco, anatomiste italien, a fait une courte analyse de ce mémoire. L'auteur conclut de ses recherches qu'au lieu des huit faisceaux que l'on considère comme formant la moelle épinière, il faut en compter dix; il décrit ces faisceaux, dont il a modifié la nomenclature, suivant un usage que nous ne saurions approuver; ne serait-il pas, en effet, plus simple et plus juste de donner, seulement aux deux faisceaux décrits pour la première fois, des noms qui les distinguent des autres, en laissant à ceux-ci les noms sous lesquels on les a toujours connus et qu'ils ont reçus des savants qui les ont découverts. C'est une chose fâcheuse pour la science, et notamment en anatomie, que ce changement de noms qui ne peut que troubler la mémoire et finit par accumuler sur un seul organe quatre ou cinq dénominations, au grand détriment de la clarté du style et au grand désespoir du lecteur.

On doit à M. Gunsburg l'observation d'un fait curieux d'anatomie pathologique qui rappelle les cas analogues communiqués par M. Serres en août 1843. Nous hésitons cependant à considérer comme une dégénérescence ganglionnaire le fait observé par M. Gunsburg. A la suite d'un rhumatisme général très-intense, et pendant lequel les mouvements des membres étaient impossibles, le malade avait recouvré la faculté de mouvoir les bras, mais dans les extrémités inférieures la motilité, resta presque nulle et finit même par cesser complètement. La paralysie du rectum et de la vessie se joignit à celle des jambes; le malade mourut, et à l'autopsie on trouva les quatre troncs nerveux de la troisième et de la quatrième paire sacrée se terminant de chaque côté, après un cours de douze centimètres, à une tumeur blanchâtre de la forme d'une poire, longue, à droite, de deux centimètres sur un centimètre de largeur et trois millimètres d'épaisseur au milieu; la tumeur de gauche avait environ le tiers de la droite en grandeur; les deux troncs nerveux ne se prolongeaient pas au delà de la tumeur.

Ces renflements terminaux examinés au microscope se composaient de fibres nerveuses ramifiées, entrelacées et comprenant entre elles des cellules transparentes aplaties, dans lesquelles on distinguait un noyau et des globules. L'examen des autres nerfs moteurs ni rien offert de particulier.

Nous serions tentés de voir un arrêt de développement plutôt qu'une dégénérescence dans ces troncs nerveux terminés brusquement. La dégénérescence ganglionnaire sur un point n'aurait pas fait disparaître le reste du nerf; d'ailleurs la troisième et la quatrième paire se rendent principalement aux organes génito-urinaires et au rectum; leur altération fait comprendre la paralysie de ces parties, mais les anastomoses qui les unissent entre elles et au reste du plexus sacré ne suffisent pas à expliquer la perte complète du mouvement dans les membres abdominaux dont les nerfs étaient à l'état normal dès leur origine principale.

MM. Sucquet et Dupré ont présenté à l'Académie des mémoires sur différents moyens d'assainir les amphithéâtres d'anatomie et de conserver les cadavres. Le procédé de M. Sucquet consiste à faire macérer les sujets dans une solution de sulfate neutre de zinc. M. Dupré propose de faire pénétrer par une des artères principales les substances antiseptiques, sous forme gazeuse.

M. Maunoir, de Genève, a envoyé à l'Académie un mémoire sur la muscularité de l'iris; nous en rendrons compte lorsque la commission nommée pour l'examiner aura fait son rapport.

M. Foville a présenté à l'Académie, par l'entremise de M. Flourens, le premier volume d'un ouvrage sur l'anatomie, la physiologie et la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, dont le savant secrétaire a donné une courte analyse. Cet ouvrage a pour objet principal de faire connaître la structure de la moelle épinière et du cerveau. L'auteur expose, dans une série de recherches historiques, les idées des anciens sur le système nerveux, et les méthodes successives de dissection employées depuis Galien jusqu'à nos jours. Vient ensuite; un exposé de l'état actuel de la science, puis une idée, générale du système nerveux suivie de la description extérieure de la moelle et de l'encéphale. Les différences qui séparent le cerveau de l'homme de celui des animaux sont tracées d'après la forme extérieure seulement. M. Foville décrit ensuite la structure intime de l'axe cérébro-spinal, en suivant dans la moelle, le cervelet et le cerveau les fibres nerveuses et les fibres sensoriales motrices. Enfin l'étude de certaines déformations artificielles du crâne est jointe à la description de ses formes normales.

M. Flourens a également fait connaître à l'Académie des faits curieux dont on doit la découverte ou l'observation plus complète à M. Coste. Ces faits se trouvent consignés dans une nouvelle livraison de l'Histoire générale et particulière du développement des êtres organisés. Un des plus remarquables est l'existence de chaque côté du cou du fœtus des mammifères et de l'homme même, de quatre fentes transversales s'ouvrant dans le pharynx et séparées par des cloisons correspondant aux arcs branchiaux des poissons. Viennent ensuite des recherches fort intéressantes sur le système vasculaire de l'allantoïde.

L'Académie a reçu également de MM. Jacquart et Maignier une lettre contenant des détails sur les recherches délicates auxquelles se sont livrés ces deux anatomistes pour éclairer une question intéressante d'ovologie. Il résulte de leurs observations que, dans les premières semaines de la gestation, l'embryon humain est situé en dehors de la cavité amniotique et adhère seulement à l'amnios par son extrémité caudale et sa face dorsale.