Que l'on partage ou non l'opinion de M. F. Durand, on ne peut nier l'existence de la paix et les progrès toujours croissants de l'industrie et du commerce. Or, ces relations nouvelles toutes pacifiques et commerciales qui se forment et se consolident chaque jour entre des nations étrangères ou entre les diverses populations d'un même peuple, ont naturellement établi des rapports, imposé des devoirs, fait naître des intérêts, en un mot, créé des droits nouveaux. De là, l'utilité, la nécessité même d'étudier le Droit commercial dans ses rapports actuels ou futurs avec le Droit des gens et le Droit civil.
Cette étude est d'autant plus utile et nécessaire en ce qui touche le Droit des gens, que les grands travaux des maîtres de la science remontent à une époque où l'Europe était encore dominée par les systèmes politiques ou religieux qui, depuis la chute de l'empire romain, avaient produit une succession non interrompue de guerres et de désastres publics; et que, si d'heureuses modifications dans la conduite des peuples les uns envers les autres se sont manifestées plus tard, les vingt-cinq ans de guerre qui ont marqué la fin du dix-huitième siècle et le commencement du dix-neuvième, ont fait perdre en peu d'années, à certains principes, tout le terrain qu'ils avaient mis des siècles à conquérir. «Ce terrain est regagné aujourd'hui, dit M. Massé; mais, pour n'être plus exposés à le perdre encore, il faut constater les conquêtes que nous avons faites et en tenter de nouvelles, déterminer les droits, trop longtemps incertains, que la paix donne aux nations; montrer comment le commerce et la paix s'entretiennent l'un par l'autre, parce que le commerce a besoin de paix, de même que la paix a besoin de commerce; rechercher comment la guerre ne doit être faite qu'en vue de la paix; expliquer les droits respectifs des belligérants; indiquer la limite de ces droits, quand ils se trouvent en contact avec ceux des neutres; enfin, établir l'édifice social sur l'intérêt de tous, qui n'est autre chose que l'observation réciproque des droits et des devoirs, également répartis entre tous les hommes.» Il y a une relation nécessaire entre le mouvement des affaires internationales et celui des affaires intérieures. Le commerce intérieur et le commerce extérieur se prêtent un mutuel appui. Les principes de droit qui régissent l'un sont donc le complément nécessaire de ceux qui régissent l'autre. Le Droit privé se présente à la suite du Droit des gens, comme les transactions privées reçoivent leur impulsion des transactions publiques.
Le Droit privé, lorsqu'il a pour objet les transactions commerciales, devient le Droit commercial, et se distingue alors du Droit civil proprement dit. Mais les différences qui existent entre l'un et l'autre droit, profondément marquées lorsque le commerce n'avait pas pris tous les développements auxquels il est parvenu de nos jours, s'effacent peu à peu, depuis que la plupart des transactions privées tendent à revêtir une forme commerciale et industrielle. Le droit commercial a fait et fait encore d'importantes conquêtes sur le Droit civil. Dans l'opinion de M. Massée, l'avenir de la jurisprudence lui appartient. Montrer les rapports du Droit civil et du Droit commercial, expliquer et compléter ces deux droits l'un par l'autre, telle est donc la tâche que M. Massé s'est imposée, avec la conviction que cet ensemble de recherches qui résumera les conquêtes du Droit commercial sur le Droit des gens et sur le Droit civil, intéressera également le jurisconsulte, l'homme d'État, l'économiste et le philosophe. C'est parce que nous partagions cette conviction, c'est parce que nous avons reconnu combien elle était légitime et fondée, que nous annonçons aujourd'hui dans notre bulletin le consciencieux et intéressant travail de M. Massé. Quand il sera terminé, nous essaierons de l'apprécier.
Le Droit commercial dans ses rapports avec le Droit des gens et le Droit civil, formera six forts volumes in-8°, qui paraîtront en trois livraisons de chacune deux volumes.
La première livraison est en vente. Elle renferme l'exposition des caractères du Droit civil proprement dit, et du Droit commercial, et le Droit des gens public et privé dans ses rapports avec le commerce.
La deuxième livraison est sous presse et paraîtra en septembre 1844. Elle sera consacrée à l'examen des règles du Droit civil sur l'état des personnes et leur capacité, au point de vue commercial; sur les biens considérés comme objet de commerce; aux contrats et obligations en général; aux contrats de société, et à la vente.
La troisième livraison paraîtra en décembre 1844. Elle contiendra le contrat de change, le prêt, le dépôt, le mandat et la commission, le louage des choses, d'ouvrage et d'industrie, ainsi que le louage maritime; les contrats aléatoires, les assurances maritimes et terrestres; enfin, le cautionnement, le gage, les privilèges et hypothèques, la contrainte par corps, et les règles particulières aux faillites.
L'Univers pittoresque, histoire et description de tous les peuples, de leurs religions, mœurs, coutumes, industries, etc.,--Europe, t. XXIX, Belgique et Hollande, par M. Van Hasselt, membre de l'Académie royale de Bruxelles. 1 vol. in-8. 6 fr.--Paris, 1844, Firmin Didot.
Cette grande collection, entreprise il y a plusieurs années par MM. Didot, touche à sa fin. Le volume que nous annonçons aujourd'hui est le tome vingt neuvième de l'Europe. Il comprend la Belgique et la Hollande. L'auteur, M. Van Hasselt, a su profiter de toutes les recherches historiques qui, depuis quelques années, ont été poursuivies avec tant d'ardeur et de succès, en Belgique et en Hollande, par MM. Raepsaet, Dewes, Ernst, Nothomb, les barons de Gerlache, de Reiffenberg et de Saint-Genois, les chanoines de Smet et de Ram, Willems, Gachard, Moke, Marchal, Piolain, Schayes, Borguet, etc. En parcourant son livre, on s'aperçoit qu'il leur a fait de nombreux emprunts. Malheureusement pour ses lecteurs, M. Van Hasselt s'est trop occupé des faits proprement dits. Sur les 532 pages dont se compose ce volume, l'histoire des révolutions politiques, des batailles, traités de paix, révoltes, etc., en remplit 506; 32 pages seulement sont consacrées aux beaux-arts, aux lettres, au commerce et à l'industrie de ces deux contrées, où les beaux-arts ont brillé d'un si vif éclat, et où le commerce et l'industrie ont, à diverses époques, atteint à un tel degré de prospérité. Bien qu'il ait avoué sa faute et qu'il s'en montre repentant, M. Van Hasselt n'en mérite pas moins nos reproches pour s'être ainsi laissé entraîner dans sa première partie au delà des limites que lui imposaient le titre et l'idée mère de l'utile collection qui s'honorait de le compter parmi ses collaborateurs.
Œuvres morales de Plutarque, traduits par Ricard, 5 vol. in-18.--Paris, 1844. Didier. 3 fr. 50 c. le volume.