--Voici, voici, capitaine!» répondit son domestique Jacob, paraissant à la lucarne, portant un pistolet d'arçon de chaque main.

Mais, dans cette furieuse mêlée, la lumière avait été foulée aux pieds, et Jacob ne distinguait rien dans l'obscurité.

«Où êtes-vous, capitaine? cria-t-il.

--Ici! répondit Keraudran avec un cri de triomphe. Feu partout!»

Jacob déchargea coup sur coup les deux pistolets au hasard. Keraudran profita de la frayeur des assaillants pour courir à la porte et tâcher de l'enfoncer ou de l'ouvrir.

Le bruit des coups de feu avait retenti jusque dans la salle de l'auberge.

«Qu'est-ce que cela? dit Lartier avec terreur. On se fusille!... C'est ce maudit Rousseau qui fait des siennes, sùr!»

A ce moment Keraudran parut, couvert de sang, ses vêtements déchirés, son épée nue à la main, et tenant encore embrassée Mathilde à demi évanouie.

«Ah! tas de chouans que vous êtes! cria-t-il d'une voix terrible, vous attirez donc chez vous les officiers de la république pour vous mettre dix contre un et les assassiner! Sang Dieu! dès demain, infâmes brigands! je vous fais fusiller jusqu'au dernier!

--Monsieur l'officier!... citoyen capitaine!... répétait Lartier éperdu, ce n'est pas moi... ce n'est pas nous..