La fabrication des bronzes de Paris, pour les coffres de pendules, flambeaux, candélabres, coupes et autres pièces des garnitures de cheminées, est sans concurrence dans le monde, et les artistes éminents, créateurs incessants des modèles variés qu'enfante leur inépuisable imagination, sont également sans rivaux. Les produits de cette industrie, qui occupe à Paris plus de cinq mille ouvriers, s'élèvent annuellement à une valeur de 20 millions environ.

L'orfèvrerie qui embrasse tous les objets d'or et d'argent, tels que vaisselle plate, surtouts pour la décoration de la table, ornements d'église, etc., ne peut trouver ailleurs que dans les grandes villes la réunion des conditions qu'exige une large fabrication. Aussi Paris, centre de cette fabrication, a-t-il rendu depuis longtemps l'étranger tributaire de la France par le bon goût qu'il a su imprimer à ses produits. Beauté, élégance dans les formes, richesse de dessin et travail parfait, tels sort les caractères des ouvrages qui sortent des ateliers de Paris. Hâtons-nous d'ajouter que les sculpteurs les plus distingués, les dessinateurs les plus renommés ne dédaignent pas de consacrer leurs talents à cette industrie, qui réclame des mains habiles pour tous ses détails, et qui donne lieu chaque année à des transactions commerciales considérables.

Grande fabrique et magasins d'horlogerie, orfèvrerie et
bijouterie de C. Detouche, 158 et 160, rue Saint-Martin.

Quant à la bijouterie, chacun sait que c'est une des branches les plus importantes du commerce français, et celle qui constate de la manière la plus évidente la supériorité dans les arts du modelage, de la ciselure et du dessin, les progrès toujours croissants de l'industrie parisienne, la fabrication de cette innombrable multitude de bijoux que le besoin, la mode et le caprice font sortir des ateliers de bijouterie, consomme chaque année 4,500 kilogrammes d'or, représentant 12,400,000 francs environ; la main d'oeuvre, qui occupe plus de 7,000 ouvriers, tant bijoutiers, émailleurs, sertisseurs, graveurs, ciseleurs, etc., que doreurs, tourneurs, estampeurs, fondeurs et guillocheurs, égale à peu près le prix de la matière employée, ce qui porte cette fabrication au chiffre de 24 millions qui ne s'appliquent absolument qu'à la main d'oeuvre et au prix du métal dégagé de la valeur des nombreuses pierreries que la joaillerie est appelée à monter chaque année à Paris. Indépendamment des maisons qui se livrent à la fabrication spéciale des différents articles que nous venons d'énumérer, il s'est formé dans Paris de puissants établissements commerciaux, qui, à l'aide de capitaux considérables, ont, depuis un certain nombre d'années, essayé de donner une plus forte impulsion à l'une ou à l'autre de ces branches de l'industrie parisienne. Le plus important de ces établissements n'a même pas reculé devant l'audacieux projet de les réunir toutes, c'est celui que M. C. Detouche a formé dans la maison portant sur la rue Saint-Martin les n° 158 et 160.

Dans de vastes magasins, salons et galeries, décorés avec goût, et au développement desquels trois étages suffisent à peine, s'étale sans confusion, et au contraire avec un ordre parfait, tout ce que la fabrication parisienne peut produira en horlogerie, bronzerie, orfèvrerie et bijouterie-joaillerie.

L'horlogerie offre au choix depuis la simple horloge de village jusqu'au régulateur compliqué, qui, après avoir obtenu à l'exposition des produite de l'industrie française en 1819 la médaille d'argent, doit aller en conquérir une autre à l'exposition de Londres; depuis le cartel en bois du prix le plus modique jusqu'au module de pendule en bronze doré ou florentin du travail le plus nouveau et le plus recherché; depuis la montre d'argent à savonnette jusqu'à la montre marine, au chronomètre le plus perfectionné, et jusqu'aux ingénieux appareils uranograniques de M. Guénat.

Près du flambeau destiné au travailleur solitaire, l'art du bronzier expose des candélabres et des bras de cheminée empruntant à la Grèce ses formes pures et sévères, à la renaissance ses élégantes arabesques, et aux règnes de Louis XIV et de Louis XV leurs plus capricieux enroulements.

Dans les vitrines consacrées à l'orfèvrerie ont été réunies les pièces les plus simples de la vaisselle plate ordinaire, aux modèles riches et variés des objets destinés à la décoration de la table la plus opulente; la fabrique du village ainsi que celle de la ville y trouveront chacune les vases et objets du culte en harmonie avec les ressources larges ou bornées de leurs églises respectives.

Enfin les montres de la bijouterie renferment à côté de l'alliance brisée la bague au chaton orné d'un riche camée; le bracelet en argent et la croix à la Jeannette près du collier de perles fines à fermoir émaillé; les simples boucles d'oreilles en or et l'écrin complet éblouissant de diamants et de pierreries.