En passant, notons un mouvement, le plus scénique et le mieux traité de la pièce, celui où l'on annonce que l'étrangère, venue d'Amérique, va y retourner, appelée par un engagement antérieur. Ici le vieillard, qui la croit libre, s'emporte dans un accès de lyrisme juvénile. Qu'a-t-il donc? Qu'éprouve-t-il? C'est le soleil de la Saint-Martin. Il aime. «Rassurez-vous,» lui dit-on, ça réchauffe, mais ça ne brûle pas.»
Telle est la pièce. Est-ce une comédie? Je dirais plutôt que c'est un proverbe, et un proverbe qui n'est pas sans défauts. La trame de l'intrigue n'est qu'une toile d'araignée; le quiproquo, trop vite deviné, traîne en longueur. D'ailleurs le tout n'est pas sans quelque ressemblance avec une bluette de M. Scribe intitulée: Haine aux femmes; mais tel qu'il est, l'ouvrage fourmille de détails agréables. Tout y est de bon goût; l'esprit y abonde, la gaieté aussi. Ce qu'il faut dire par-dessus tout, c'est que c'est joué avec une rondeur et un bon ton merveilleux, surtout par Thiron et par Mlle Croizette, fort applaudis d'un bout à d'autre, et à bon droit.
Philibert Auderrand.
SALON DE 1873
CHOIX DE PAYSAGES
(Pour la description des sujets, voy. l'article, page 6.)
VARIATIONS NUMÉRIQUES SUR LE SALON
SECOND ARTICLE (1)
Et d'abord complétons les indications données par notre premier article sur l'élection des divers jurys du Salon de 1873.