Arrivés au rond-point de l'Étoile, le shah et le président de la République descendirent de voiture et prirent place sur les fauteuils. Alors eut lieu la scène des présentations que retrace notre quatrième dessin; puis le président du conseil municipal, s'adressant au roi, prononça cette courte harangue:

«Le conseil municipal de la ville de Paris vient saluer Votre Majesté à son entrée dans la capitale, et lui offrir, au nom de la cité tout entière, ses vœux de bienvenue.

«Notre désir le plus vif est que Votre Majesté puisse conserver de l'accueil qui lui est fait par la ville de Paris, du spectacle de nos arts et de notre industrie, un constant et bon souvenir.

«Une fois encore, que Votre Majesté entre dans notre cité avec la certitude d'en être l'hôte bienvenu.»

Après une réplique plus courte encore de Nassr-ed-Din, le shah et le président de la République étant remontés en voiture, le cortège se remit en marche. Il descendit l'avenue des Champs-Elysées, traversa la place de la Concorde, et, tandis que le canon des Invalides prenait à son tour la parole, s'arrêta enfin devant le palais du Corps législatif, qui doit servir de résidence au roi de Perse durant son séjour à Paris.

Une députation de l'Assemblée nationale et son président l'y attendaient sur une grande estrade qui avait été dressée devant la façade du monument. Là, comme à l'Arc-de-Triomphe de l'Étoile, nouvelle harangue et réplique nouvelle. Après quoi le shah pénétra dans le palais. Le président de la République et le président de l'Assemblée nationale l'accompagnèrent jusqu'au milieu de la grande galerie qui conduit à l'ancienne salle des séances. Là, ils prirent congé de leur hôte, qui put enfin aller goûter un repos qu'il avait bien gagné et dont il devait certes avoir le plus grand besoin.

L. C.

Les nouveaux Immeubles Industriels du faubourg Saint-Antoine.

Au milieu de toutes les métamorphoses qui ont transformé Paris pour en faire la capitale du monde, il y a incontestablement une lacune. Ce qui manque à Paris aujourd'hui, ce ne sont pas les somptueuses constructions, ni même les constructions bourgeoises destinées à l'habitation des classes riches et des classes moyennes: C'est l'habitation modeste, c'est l'humble logement approprié aux conditions de la classe laborieuse, en un mot, c'est l'installation qui puisse donner au travailleur un foyer pour sa famille et un atelier pour son ouvrage.

De ce côté, tout reste encore à réaliser; car le propre des immeubles ordinaires est en général de proscrire le travail dans les locations. Que voulez-vous? dit le propriétaire; le travail fait du bruit, le travail encombre, le travail gêne par le va-et-vient de ses produits; le travail ne peut pas payer assez cher; le travail n'attire pas le locataire, il l'éloigne, et l'ouvrier, ainsi proscrit de l'habitation confortable, reste confiné dans le ghetto de son installation primitive.