Le feu a d'ailleurs déjà été ouvert, au moins par les assiégés, et pour y répondre, le général Campos attend de l'artillerie. On s'accorde à penser que le bombardement commencera le 1er septembre.

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La toilette Japonaise

Par M. Firmin Girard

Il y aura bientôt un demi-siècle que la critique signalait, avec des appréciations diverses, l'apparition des toiles éclatantes de Diaz, de Decamps, et de toute cette jeune école qui semblait revenir de la conquête de la couleur et du soleil; l'Orient, avec les mille feux de ses pierreries, de ses étoiles et de son ciel, était alors comme la révélation d'un art nouveau, tout brillant de sève et de jeunesse, il a, depuis, été étudié sous toutes ses faces; les peintres l'ont envahi et nous ont rapporté tous les aspects de ses bazars et de ses mosquées. Aussi l'Orient appartient-il aujourd'hui à tout le monde; mais voici que nos artistes ont fait une autre découverte.

Le Japon, longtemps ignoré, longtemps dérobé par ses habitants aux recherches des Européens, a pu enfin être visité et connu; on s'est étonné d'y rencontrer une civilisation des plus anciennes, on y a trouvé des œuvres d'art remarquables, conçues en dehors des idées de notre vieux monde, exécutées avec une rare habileté, et témoignant souvent d'une perfection de goût presque trop avancée. Un nombre bien restreint d'artistes, sans doute, a pu tenter un si lointain voyage; mais leurs croquis, joints aux relations des écrivains, complétés par les renseignements de la photographie, ont inspiré toute une pléiade de peintres, qui s'appliquent depuis quelque temps à représenter, à deviner peut-être ces lointaines régions.

Parmi eux, M. Firmin Girard a déjà su se conquérir une place à part, et son tableau, que nous reproduisons aujourd'hui, a figuré avec un succès des plus mérités au dernier Salon; la nonchalance de la jeune femme accroupie sur un tapis, l'instrument inconnu dont elle joue tandis qu'une de ses suivantes achève de la coiffer, l'étrangeté de tous les objets réunis autour d'elle, tout contribue à faire de cette charmante composition une œuvre des plus curieuses et des plus originales. Mais ce que la gravure ne peut rendre, c'est la richesse des tons, c'est l'éclat des couleurs qui chatoient sans se heurter, et dont l'harmonieux ensemble attire et relient le regard sans le fatiguer. Nous avons désormais une nouvelle école, l'école japonaise, et nous sommes heureux de reproduire pour nos lecteurs le tableau d'un de ses représentants les plus distingués.

A propos de l'ouverture

Qui donc s'est occupé d'autre chose pendant la semaine qui vient de s'écouler? Dans les salons et dans les chaumières, dans les clubs et dans les boutiques, dans les cafés et dans les cabarets du village, les causeries masculines ne connaissaient plus guère d'autre thème. Les évolutions de la politique, les mystérieux agissements dont doivent sortir notre bonheur suivant les uns, qui suivant les autres ne seraient que le couronnement de nos misères, avaient eux-mêmes perdu leur prestige; seule, la question du perdreau tenait la France entière en suspens.

Et quelle distance entre les tièdes préoccupations que chacun consacre à ces événements, dits sérieux, et le véritable enthousiasme qui s'était emparé des disciples de saint Hubert,--un peu tout le monde aujourd'hui,--à mesure que se rapprochait le grand jour. Notre collaborateur du crayon vous les montre consacrant la veillée des armes à l'inspection du fourniment, à la confection des munitions; ayant décidé, -par quel miracle d'éloquence, mon Dieu!--l'ennemie intime de la chasse, la maîtresse de la maison, à prendre part à ces préparatifs du carnage; je puis lui certifier que pour quelques-uns au moins, ces préludes de l'entrée en campagne sont parfaits depuis bien longtemps.--Ah! si notre malheureuse et héroïque armée avait eu des intendants aussi prévoyants à son service!